Monthly Archives: juin 2012

Participation au Québec Studies colloquium, Sarasota, 7 novembre 2012.

Conférence d’Alexandre Turgeon

« Usages et mésusages des caricatures de Robert La Palme »

Robert La Palme est l’un des plus importants caricaturistes que le Québec ait connus. Entre 1943 et 1959, il présente sa vision caustique de l’actualité dans des milliers de caricatures. Durant cette période, connue sous le nom de « Grande Noirceur », La Palme livre une lutte acerbe à Maurice Duplessis, premier ministre du Québec. Il prend un malin plaisir à caricaturer l’homme et son « régime », ses idées et ses convictions, ses actes et ses prises de position. Ce faisant, La Palme produit quelques-unes des images d’Épinal de la Grande Noirceur. Aussi n’est-il guère surprenant de voir l’œuvre du caricaturiste être sollicitée lorsque vient le temps de représenter le Québec de l’après-guerre. Ses caricatures y sont utilisées pour illustrer, telles autant de clichés, des aspects de la société canadienne-française d’alors. Or, ces usages ne sont pas forcément corrects ou adéquats, tant s’en faut. Il appert que les caricatures de La Palme sont utilisées comme source historique pour entretenir, voire renforcer l’imaginaire de la Grande Noirceur, alors qu’au même moment, l’historiographie sur le Québec de l’après-guerre ne cesse de se renouveler, que de plus en plus de voix s’élèvent pour dépasser la Grande Noirceur. Dans cette communication, nous comptons revenir sur les (més)usages des caricatures de La Palme comme source historique au cours des dernières années. Nous nous intéresserons aux usages de la caricature au sein de trois supports médiatiques – le manuel scolaire, l’exposition muséale et la synthèse historique – qui ont tous trois la particularité de s’adresser à un vaste public. Ainsi, nous serons en mesure d’identifier les principaux écueils concernant les usages de la caricature comme source historique, soit le manque de contextualisation, l’instrumentalisation et la surinterprétation. Pour finir, nous dégagerons quelques pistes de réflexion sur la caricature et ses usages qui nous permettent d’éviter ces écueils.

Publication de « What Is to Be Done with 1759 » dans « Remembering 1759: The Conquest of Canada in Historical Memory », ed. Philip Buckner & John G Reid

Chapitre de livre écrit par Jocelyn Létourneau.

Liens vers Google books.

Comment débute une révolution (bis)?

Publié sur le Huffington Post Québec

Cela fait des mois que cela dure, mais pourtant, la grève étudiante ne s’essouffle pas. Pis encore, elle a dégénéré en une véritable crise sociale, alors que de plus en plus d’observateurs vont même jusqu’à tracer un parallèle entre les événements qui secouent le Québec, aujourd’hui, et ceux qui ont bouleversé le monde arabe, en 2011. Après le Printemps arabe, on parle du Printemps érable, signe qu’une autre révolution – non pas tranquille, mais bruyante celle-là, avec ses casseroles – se prépare?

Mais cette « révolution », si l’on accepte le terme, quel en est le point d’origine, son point zéro duquel tout a découlé par la suite? Quant à savoir s’il s’agit du dépôt du budget Bachand ven 2011, du début de la grève générale illimitée le 13 février dernier, de l’une ou l’autre des manifestations nationales qui se tiennent les 22 de chaque mois, ou encore l’adoption de la loi 78, la question reste en suspens. Le point de départ de cette Révolution bruyante – comme plusieurs l’appellent sur Twitter – reste encore à déterminer avec certitude.

Il y a de cela un peu plus d’un an, sur le site Internet du journal Le Soleil, je posais la question suivante : Comment débute une révolution? Cette question, il me semble, reste d’actualité. Aussi, vais-je reprendre ce texte, l’adaptant à la situation actuelle.

Pour ce qui est du Printemps arabe, on a ainsi fait grand cas de ce Tunisien qui s’est immolé après que son commerce ait été interdit par les forces policières, l’acte ayant entraîné à sa suite un mouvement populaire qui ne s’est pas démenti. Il a été beaucoup question aussi des médias sociaux qui auraient joué un rôle prépondérant dans la propagation du Printemps arabe.

Mais qu’en diront les historiens de demain, eux qui auront accès à des documents dont on ne soupçonne même pas l’existence aujourd’hui? Cet événement, ce fait, sera-t-il toujours considéré comme le début, comme le moment zéro de cette révolution? Ou se pourrait-il que les historiens de demain en viennent à la conclusion que ce n’est pas tant le fait qui soit à l’origine de ces événements, mais ce que l’on en a dit, ce que l’on en a fait? En d’autres mots : est-ce le fait ou la mythification même de ce fait qui est réellement à l’origine de cette révolution? Cette question est importante, puisque c’est le moment zéro de toute révolution qui marque une rupture, une fracture temporelle, entre un avant et un après irréconciliables, essentiels à la rhétorique révolutionnaire.

Lorsque je me suis penché sur la Révolution tranquille dans le cadre de mes recherches, j’avais en tête cette question. Loin de moi l’idée, ici, de mettre sur un point d’égalité, pêle-mêle, le Printemps arabe, la grève étudiante actuelle et ce qui s’est produit au Québec, au tournant des années 1960. La comparaison ne tient pas, fondamentalement, si ce n’est que pour mieux éclairer certains phénomènes, certains processus. Il en est ainsi des questions entourant les origines de la Révolution tranquille. Comment débute une révolution? Une pareille question, posée tant à la Révolution tranquille qu’à la révolution qui a touché le monde arabe en 2011 en passant par la Révolution bruyante, supporte favorablement le poids de l’exercice comparatif.

Un consensus est en train de s’établir parmi les historiens sur le moment zéro de la Révolution tranquille : il s’agirait du « Désormais… » qu’a prononcé Paul Sauvé, le propre successeur de Maurice Duplessis, à maintes et maintes fois tout au long de son bref mandat de cent jours, à l’automne 1959. Par ce vocable, il aurait marqué une fracture nette entre deux temps, entre deux mondes : entre un avant et un après. Entre une façon de faire rétrograde à la Duplessis et une nouvelle façon de faire où priment, désormais, la transparence, l’ouverture, signes des temps à venir.

Dans le cadre de mes travaux, je suis parti à la recherche de ce terme, de ce fait avéré, pérenne dans les travaux historiens, reconduit dans la mémoire collective comme un moment marquant de notre histoire. Or, au terme de recherches exhaustives dans les archives, je n’ai rien trouvé. Que ce soit dans les journaux de l’époque ou dans les débats reconstitués de l’Assemblée législative, je n’ai pas trouvé la moindre trace, la moindre source certifiant que Paul Sauvé ait bel et bien dit « Désormais… » Je reviendrai d’ailleurs là-dessus lors du 65e Congrès de l’Institut d’histoire de l’Amérique française, le 20 octobre 2012 à Sherbrooke.

Il s’agit pourtant d’un terme que Paul Sauvé aurait prononcé à profusion durant plus de quatre mois. Il aurait commencé chacun de ces discours par ce vocable, mais pas un seul journaliste, pas une seule fois, ne l’aurait répertorié? À l’automne 2010, à l’occasion du 50e anniversaire de la Révolution tranquille, Jean Cournoyer, à l’émission de Marie-Franze Bazzo sur Télé-Québec, se rappelait avec exactitude cette fois où Paul Sauvé avait dit « Désormais… ». Il était en face du premier ministre, et s’en souvient comme si c’était hier. Pourtant, il ne se trouve pas de sources historiques pour corroborer pareil témoignage.

C’en est à se demander si un fait réel, avéré, est nécessaire pour qu’une révolution prenne son envol, pour marquer nettement un avant et un après, ou si la seule idée de ce fait ne suffirait pas plutôt. Car, jusqu’à preuve du contraire, le « Désormais… » n’a jamais été prononcé par Paul Sauvé. Jusqu’à preuve du contraire – et la preuve, à ce moment, est accablante -, le « Désormais… » de Paul Sauvé est un mythe. C’est-à-dire une construction, fabriquée de toutes pièces qui, plus d’un demi-siècle plus tard, tient toujours.

Cela n’empêche pas pour autant la Révolution tranquille d’être bien réelle. On ne saurait nier son existence, ses manifestations, ses implications dont nous continuons encore aujourd’hui de ressentir les effets. Toutefois, on ne peut en dire autant de son origine consacrée. Aussi, lorsque les historiens de demain reviendront sur le moment zéro de la révolution arabe, ou lorsqu’ils partiront à la recherche du moment zéro de la Révolution bruyante, il est bien possible qu’ils trouvent non pas un fait, mais plutôt un mythe. Or, il ne faut pas oublier qu’au moment zéro, un mythe peut être tout aussi puissant qu’un fait réel, avéré, pour déclencher une révolution et soulever les passions.

Alexandre Turgeon

Participation au colloque « 18th Biennial ACQS Conference », Sarasota, 9 novembre 2012

Conférence d’Alexandre Turgeon

Critique de la Grande Noirceur. Quelques considérations sur le rapport au passé des Québécois 

Les mythistoires de la Grande Noirceur et de la Révolution tranquille comptent parmi les plus puissants qu’ait connus la société québécoise. Ils articulent une conception dichotomique du passé québécois où l’année 1960 apparaît comme une fracture. Les morts successives de Maurice Duplessis et de Paul Sauvé, suivies de l’élection de Jean Lesage et de son « équipe du tonnerre », scellent dans l’imaginaire collectif l’idée d’une rupture nette entre deux temps et deux mondes. La Révolution tranquille met fin aux sombres années de la Grande Noirceur, sorte d’Ancien Régime québécois. De nos jours, il n’est pas rare de voir la Grande Noirceur être mise à l’ordre du jour dans l’espace public, notamment en période électorale.

Cette présence de la Grande Noirceur dans le discours social pose problème pour les historiens. Ils considèrent que cette représentation caricaturale du passé québécois ne saurait rendre compte de manière appropriée du Québec d’avant 1960. D’où leurs tentatives répétées afin de dépasser, de se passer de la Grande Noirceur. Pour y parvenir, trois voies sont empruntées : rejeter la Grande Noirceur en bloc en niant son côté rétrograde à la manière d’Éric Bédard; l’arrimer solidement à la Révolution tranquille, dont elle serait en quelque sorte la mère pour le dire avec Lucia Ferretti; élargir enfin les bornes chronologiques de la Révolution tranquille, de manière à l’englober, vaste projet auquel se consacre Yvan Lamonde. Fort différentes l’une de l’autre, ces voies ont néanmoins en commun qu’elles relèvent de la tabula rasa mémorielle en ce qui a trait à la Grande Noirceur, en niant tout autant son existence et sa présence, mais aussi ses fonctions et son rôle dans la société québécoise depuis l’après-guerre.

C’est précisément sur ces éléments que portera cette communication. Nous nous proposons, en fait, de faire de la Grande Noirceur – représentation aussi imparfaite soit-elle du passé québécois – notre objet d’étude. Un objet qu’il nous faudra, dans un premier temps, définir. Qu’est-ce que la Grande Noirceur? Que représente-t-elle? Qu’est-ce que la Grande Noirceur peut nous apprendre sur le rapport au passé des Québécois? Et que faire de la Grande Noirceur, aujourd’hui? C’est ce que nous comptons approfondir dans cette communication.

Conférence de Jocelyn Létourneau et Raphaël Gani

Words of Nation. Quebec in Comparison with US, UK, France and Canada

Une enquête menée à l’automne 2011 nous a permis de recueillir, auprès de plus de 4 000 répondants provenant des États-Unis, du Royaume-Uni, de France et du Canada-Québec, de courtes phrases faisant état de la représentation qu’ils préconisaient de l’histoire de leur pays. L’analyse de ces phrases – et des mots-clés autour desquels elles orbitent – nous renseigne sur la façon dont les Américains, les Britanniques (Anglais et Écossais surtout), les Français, les Canadiens et les Québécois dépeignent leur nation ou se la figurent dans la conjoncture actuelle. La mise en comparaison des phrases et de leurs mots-clés nous informe des différences et des similitudes existant dans les modes de représentation du Nous au sein de cinq sociétés occidentales. Il semble qu’il existe, dans chaque société, un répertoire de mots-vedette définissant les contours d’une représentation collective de Soi. Quels sont ces mots-vedette – sortes de lexique par lesquels les nationaux se révèlent à eux-mêmes et se disent aux autres – tel est l’objet de cette communication originale qui servira à révéler les premiers résultats d’une recherche inédite.

Presentation to be made in english.

Programme du colloque

De la Grande Noirceur duplessiste à la Grande Noirceur charestienne

Publié sur le site Huffington Post Québec et sur Histoireengagee.ca

Alors que la grève étudiante perdure et s’envenime, notamment avec l’adoption de la loi 78, nombreux sont les commentateurs à y aller de comparaisons entre Jean Charest et Maurice Duplessis, entre aujourd’hui et la Grande Noirceur.

La loi spéciale n’était encore qu’une rumeur que Gabriel Nadeau-Dubois, le porte-parole bien connu de la CLASSE, anticipait déjà un « retour au temps de Duplessis ». Josée Legault, chroniqueure politique au journal Voir, n’est pas en reste. Elle s’en donne même à cœur joie. Un brin ironique, elle demandait le 16 mai 2012 si l’on verrait un « sourire s’esquisse[r] sur la photo de M. Duplessis dans le couloir du bureau du premier ministre ». Du même souffle, elle considère que le projet de loi 78 « devrait être renommé la Loi Duplessis-Charest », rien de moins! Une utilisatrice de Twitter, comme tant d’autres, tire pour sa part un trait définitif sur notre époque : « La grande noirceur, part II ».

Revenant sur la loi 78, Pierre Trudel, professeur de droit à l’Université de Montréal, soutient qu’une « telle loi rédigée dans un langage rappelant la législation duplessiste sera certainement contestée comme étant incompatible avec la liberté d’association». En quoi cela rappelle-t-il la législation duplessiste? Pierre Trudel reste muet sur la chose. Il est inutile en fait de le préciser.

Dans son cas, comme dans celui des autres, en donnant le seul nom de Duplessis, tout est dit! Bien d’autres abondent dans le même sens au sein des médias sociaux, sur Twitter en particulier (comme on peut le constater en consultant, sur Twitter : @alexturgeon). À les entendre, à les lire, le Québec serait de nouveau plongé dans la Grande Noirceur où la figure de Jean Charest remplacerait celle, longtemps honnie, de Maurice Duplessis.

À ce sujet, il importe de rappeler que la Grande Noirceur est un mythe, une caricature du Québec d’avant la Révolution tranquille, d’avant les années 1960. Par mythe, nous n’entendons pas que tout soit faux, bien au contraire. Un mythe se fonde, se base tout à la fois sur le vrai et le faux, sur le factuel comme sur le fictif, comme le disent chacun à leur manière les historiens Gérard Bouchard et Jocelyn Létourneau. Prétendre que la Grande Noirceur est un mythe ne revient pas à dire que rien n’était noir, ni que tout était blanc, bien au contraire. C’est bien pour cela que nous considérons que la Grande Noirceur est en fait une caricature. Le propre d’une caricature, rappelons-le, est de déformer une réalité, une situation, un personnage – une époque, aussi. Ce ne sont certes pas toutes les caricatures qui font rire, il va sans dire, et dans son genre, la Grande Noirceur n’est en rien comique.

Ce mythe de la Grande Noirceur, il a notamment pu prendre forme par la caricature. Celle du caricaturiste Robert La Palme en particulier, lui qui a sévi au sein des journaux Le Canada et Le Devoir, farouchement opposés à Maurice Duplessis. On lui doit ainsi la formule légendaire et iconique du « Toé, tais-toé! », que le premier ministre n’a jamais prononcée. Mais Robert La Palme ne fut pas le seul à verser dans la caricature, loin de là!

Que dire d’André Laurendeau et de son éditorial sur la théorie du roi nègre? Ou encore de la Loi du cadenas, véritable symbole de la Grande Noirceur, alors que cette législation n’a pas eu l’importance qu’on lui accorde, aujourd’hui? C’est ainsi, en accumulant ces éléments, en omettant, en négligeant de départager le vrai du faux que le mythe de la Grande Noirceur a pu s’imposer dans l’imaginaire collectif.

C’est le même phénomène qui semble se répéter aujourd’hui avec Jean Charest, où le vrai et le faux se nouent et se rencontrent dans une caricature typique du 21e siècle. Ces commentateurs, qu’ils soient connus ou inconnus, versent dans la caricature lorsqu’ils comparent Jean Charest à Maurice Duplessis, la situation actuelle à la Grande Noirceur. L’utilisation massive de Twitter pour commenter le conflit étudiant – avec son #ggi, pour « grève générale illimitée » – encourage cette caricature. Alors que les tweets sont limités à seulement 140 caractères, comment livrer une pensée claire, raisonnée et sans raccourcis? À tous coups? C’est, somme toute, impossible. D’où le recours fréquent à la caricature pour faire valoir son propos en pareilles circonstances.

Hier, le mythe de la Grande Noirceur duplessiste a pu prendre son élan grâce à des entrepreneurs mémoriels qu’ont été les Robert La Palme, André Laurendeau et autres. Aujourd’hui, la Grande Noirceur charestienne se met en branle avec les contributions des Josée Legault, Pierre Trudel, Gabriel Nadeau-Dubois et autres. Le point commun à tout un chacun? C’est qu’ils partent de l’idée que la Grande Noirceur est non pas un mythe, mais un fait avéré, une réalité immuable, un point de référence valable. Ce faisant, une caricature – la Grande Noirceur duplessiste – en alimente une autre – la Grande Noirceur charestienne.

Il ne s’agit pas, ici, de se prononcer à savoir si Jean Charest est le pire premier ministre de l’histoire du Québec, où si nous traversons bel et bien une époque de Grande Noirceur. À vrai dire, il est bien trop tôt, quelques jours à peine après l’adoption de la loi 78, pour s’exprimer là-dessus, dans un sens comme dans l’autre. On ne saurait convoquer si hâtivement le tribunal implacable de l’Histoire. Laissons plutôt aux historiens de demain le soin de se prononcer sur ces questions, avec tout le recul nécessaire pour ce faire. Cela ne peut être que bénéfique. C’est d’ailleurs avec du recul que des historiens comme Éric Bédard, Lucia Ferretti et quantité d’autres en ont appelé à nuancer la Grande Noirceur duplessiste, depuis un certain temps déjà.

Or, une nouvelle Grande Noirceur semble prendre forme dans les médias sociaux, dans les discours. Cette Grande Noirceur charestienne qui émerge, si elle se fixe de manière durable dans l’imaginaire collectif, il se pourrait fort bien que nous soyons longtemps pris avec. Au même titre que nous restons empêtrés, encore aujourd’hui, dans la Grande Noirceur duplessiste dont nous ne pouvons nous défaire. Est-ce pour le meilleur, ou pour le pire? Sur ce point, nous laissons à chacun le soin de trancher. Soyons seulement vigilants face au pouvoir et à la persistance de la caricature dans l’écriture de l’histoire.

Alexandre Turgeon, avec la collaboration de Raphaël Gani

Participation au « Symposium on Qualitative Research », 8 juin, Ste-Marthe-sur-le-lac

Présentation de Raphaël Gani

Taking pictures of historical consciousness: Analysis from an international survey

I expose the step-by-step procedure of my analysis of an 2011 international survey on historical consciousness

Programme du Symposium on Qualitative Research 

Participation prochaine au 65e congrès de l’Institut d’histoire de l’Amérique française, le 20 octobre 2012, Sherbrooke

« Le 65e congrès de l’Institut d’histoire de l’Amérique française vous propose un programme où les figures individuelles et collectives seront mises en perspective. Les recherches de nature biographique, prosopographique, de même que les enjeux liés au genre, seront au rendez-vous de notre rencontre annuelle. Le congrès propose une vingtaine de séances et tables rondes qui permettront de mieux saisir diverses dimensions de l’histoire des individus : biographie, pratiques muséales ou encore histoire orale ne sont que quelques-unes des pratiques qui seront au menu. »

Conférence d’Alexandre Turgeon.

Et si Paul Sauvé n’avait jamais prononcé le « Désormais… »?

« Désormais… ». Il n’est peut-être pas de mots plus célèbres dans les arcanes de la mémoire collective ou dans les annales de l’histoire du Québec. Ce mot, le premier ministre Paul Sauvé ne cesse de le prononcer à l’automne 1959, alors qu’il succède à Maurice Duplessis. Par ce mot, répété à toutes les occasions, Sauvé tire un trait définitif entre deux temps et deux mondes : entre la Grande Noirceur et la Révolution tranquille, entre l’Ancien et le Nouveau Régime québécois. Que Sauvé ait prononcé le « Désormais… », on ne saurait en douter. Les contemporains en attestent, à l’époque comme aujourd’hui, et maints historiens le confirment dans leurs écrits depuis cinquante ans. Osons malgré tout une question : et si Paul Sauvé n’avait jamais prononcé le « Désormais… »? C’est ce qui apparaît au terme de recherches exhaustives menées dans les journaux et documents de l’époque. Ce sont plutôt Pierre Laporte et André Laurendeau, du journal Le Devoir, qui lui mettent ce mot à la bouche. Pour reprendre les termes de Carlo Ginzburg, le « Désormais… » de Paul Sauvé est en fait un faux, c’est-à-dire que le fictif se fait passer pour vrai. De toute évidence, sur le « Désormais… », la mémoire tout comme l’histoire ont erré, ont été prises en défaut. Comment expliquer ces jeux de mémoire, que cette méprise sur le rôle d’un homme dans l’histoire politique québécoise ait pu devenir un fait historique sans que cela soit remis en cause, et quelles leçons pouvons-nous en tirer, aujourd’hui? C’est ce que nous comptons approfondir dans cette communication.

Programme du congrès.

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Participation au colloque du CÉLAT, le 30 mai 2012, Beaupré

Le colloque du CÉLAT se déroule, sur invitation, les 29, 30 et 31 mai à Beaupré sur le thème « Les nouveaux terrains du vivre-ensemble ». L’occasion est offerte aux participants de présenter leurs recherches et d’échanger sur les travaux de chacun en vue d’établir des projets collectifs du Centre pour les années à venir.

Conférence de Jocelyn Létourneau

Histoire et vivre-ensemble

Comment raconter le passé pour assurer la vie – et notamment la vie commune – mais sans desservir la science ?

Programme du colloque

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