Participation prochaine au 65e congrès de l’Institut d’histoire de l’Amérique française, le 20 octobre 2012, Sherbrooke

« Le 65e congrès de l’Institut d’histoire de l’Amérique française vous propose un programme où les figures individuelles et collectives seront mises en perspective. Les recherches de nature biographique, prosopographique, de même que les enjeux liés au genre, seront au rendez-vous de notre rencontre annuelle. Le congrès propose une vingtaine de séances et tables rondes qui permettront de mieux saisir diverses dimensions de l’histoire des individus : biographie, pratiques muséales ou encore histoire orale ne sont que quelques-unes des pratiques qui seront au menu. »

Conférence d’Alexandre Turgeon.

Et si Paul Sauvé n’avait jamais prononcé le « Désormais… »?

« Désormais… ». Il n’est peut-être pas de mots plus célèbres dans les arcanes de la mémoire collective ou dans les annales de l’histoire du Québec. Ce mot, le premier ministre Paul Sauvé ne cesse de le prononcer à l’automne 1959, alors qu’il succède à Maurice Duplessis. Par ce mot, répété à toutes les occasions, Sauvé tire un trait définitif entre deux temps et deux mondes : entre la Grande Noirceur et la Révolution tranquille, entre l’Ancien et le Nouveau Régime québécois. Que Sauvé ait prononcé le « Désormais… », on ne saurait en douter. Les contemporains en attestent, à l’époque comme aujourd’hui, et maints historiens le confirment dans leurs écrits depuis cinquante ans. Osons malgré tout une question : et si Paul Sauvé n’avait jamais prononcé le « Désormais… »? C’est ce qui apparaît au terme de recherches exhaustives menées dans les journaux et documents de l’époque. Ce sont plutôt Pierre Laporte et André Laurendeau, du journal Le Devoir, qui lui mettent ce mot à la bouche. Pour reprendre les termes de Carlo Ginzburg, le « Désormais… » de Paul Sauvé est en fait un faux, c’est-à-dire que le fictif se fait passer pour vrai. De toute évidence, sur le « Désormais… », la mémoire tout comme l’histoire ont erré, ont été prises en défaut. Comment expliquer ces jeux de mémoire, que cette méprise sur le rôle d’un homme dans l’histoire politique québécoise ait pu devenir un fait historique sans que cela soit remis en cause, et quelles leçons pouvons-nous en tirer, aujourd’hui? C’est ce que nous comptons approfondir dans cette communication.

Programme du congrès.

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