Monthly Archives: octobre 2012

HST-7003. Histoire politique du Québec (depuis 1930) : les Québécois et leur passé

Séminaire aux cycles supérieurs à l’Université Laval donné à l’automne 2012 par Jocelyn Létourneau. 

Objectifs

  1. Introduire les étudiants à un domaine de recherche et de réflexion des plus enlevants qui se situe aux frontières de l’histoire, de l’éducation et de la sociologie.
  2. Permettre aux étudiants d’aborder un ensemble de sujets sensibles qui touchent à la représentation du passé dans le contexte de la production de la société sous l’angle de la cohésion collective et du vivre-ensemble.
  3. Découvrir comment l’historien est au cœur des luttes idéologiques qui traversent la société.
  4. Permettre aux étudiants de réfléchir sur la fonction sociale de l’histoire et la nature du métier d’historien.
  5. Appuyer les étudiants dans la réalisation d’un travail long obéissant aux canons de la méthode scientifique.

Contenu

Trois questions marquent à l’heure actuelle les débats dans plusieurs sociétés, y compris au Québec : que fait-on de ce qui nous a fait ? Quelle histoire forger du passé qui permette de passer à l’avenir ? Comment, en donnant à l’histoire une forme qui ne trahit pas le fond du passé, poser les conditions favorables au vivre-ensemble au présent, si ce n’est à l’avenir ? Ces questions ne sont pas faciles. Elles sont inhabituelles à l’interrogation historienne. Elles sont toutefois posées par un certain nombre d’intervenants audacieux qui ne craignent pas de s’aventurer sur les terrains les plus glissants des humanités, là où le donné brut rejoint la pensée créative, là où l’esprit scientifique croise la préoccupation politique, là où la recherche d’objectivité rencontre l’assomption de subjectivité.

Source

Enseignement de l’histoire nationale : le professeur Jocelyn Létourneau commente la question

Article paru le 23 octobre dernier sur le site de la Faculté des lettres de l’Université Laval.

La nouvelle ministre de l’Éducation, Marie Malavoy, déclarait dernièrement que la question nationale avait été « noyée » dans les cours d’histoire au secondaire et qu’elle devait être remise de l’avant. Sa proposition a provoqué bien des réactions et donné lieu à une série d’articles et de reportages dans les médias. Jocelyn Létourneau, professeur au Département d’histoire, est l’un des spécialistes interviewés.

Voir aussi :

 

Jocelyn Létourneau, Le cas du cours d’histoire nationale au Québec, Lyon, Institut nationale de recherche pédagogique, 1er avril 2010

Conférence de Jocelyn Létourneau ayant pour thème l’inscription et la construction scolaire du roman national : le cas du cours d’histoire nationale au Québec.

« Et si Paul Sauvé n’avait jamais prononcé le “Désormais…”? »

Le 20 octobre dernier, dans le cadre du 65e Congrès de l’Institut d’histoire de l’Amérique française, Alexandre Turgeon a présenté une communication intitulée « Et si Paul Sauvé n’avait jamais prononcé le ‘Désormais… »? ». Nous reproduisons ici un enregistrement audio de sa communication.

« le soleil autour duquel toutes les planètes du passé québécois doivent orbiter »

Le 11 octobre 2012, la journaliste Annie Mathieu du journal Le Soleil  rapporte les propos suivants tenus par Marie Malavoy, ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, concernant la place de la question nationale dans le programme d’enseignement de l’histoire au secondaire : « On a un peu noyé le poisson de la souveraineté ». Aujourd’hui dans Le Soleil, Mme Mathieu interroge Jocelyn Létourneau au sujet des propos tenus par la ministre Malavoy.

(L)e titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire du Québec contemporain à l’Université Laval, Jocelyn Létourneau, croit que la question nationale ne doit pas être «le soleil autour duquel toutes les planètes du passé québécois doivent orbiter».

Selon M. Létourneau, Mme Malavoy reprend la rhétorique des «inquiets», soit des Québécois habités par la crainte que l’identité et la culture de la société québécoise disparaissent. Une opinion partagée par son collègue de la Faculté des sciences de l’éducation Jean-François Cardin, qui croit que depuis le référendum de 1995 où le Non l’a emporté, le mouvement indépendantiste au Québec se cherche et veut trouver des moyens pour «réactiver la flamme nationaliste».

Une hypothèse qui déplaît au porte-parole de la Coalition pour l’histoire, Robert Comeau. «Le but c’est qu’ils [les étudiants] soient informés, qu’ils connaissent l’histoire. Si après ça, ils sont plus politisés, tant mieux, ils vont être des citoyens plus critiques», affirme le professeur au Département d’histoire de l’UQAM.

«C’est comme si on disait, on n’enseignera pas l’histoire parce que si on l’enseigne, ça va faire des séparatistes», conclut M. Comeau.

Lire la suite ici.

À lire aussi, un article écrit par Mme. Mathieu et paru aujourd’hui :

Enseignement de la question nationale: le grand malentendu

Jocelyn Létourneau, « Les Canadiens et leurs passés », Le cartable de Clio, n° 12, 2012

« ‘The English have tried to assimilate us but it has not worked very well’: Québec Students and their Historical Consciousness of the Nation », Colloque international des didactiques de l’histoire, de la géographie et de l’éducation à la citoyenneté, De nouvelles voies pour la recherche et la pratique en Histoire, Géographie et Éducation à la citoyenneté, Québec, 25-28 octobre 2012

Conférence de Stéphane Lévesque, Jocelyn Létourneau et Raphaël Gani

The aim of this presentation is to explore French Canadian (Québec) students’ historical consciousness of the nation through the lens of Social Identity Theory (SIT). Relying on a sample of 142 historical narratives written by Francophone Québécois students, we revisit findings from previous study on the historical consciousness of young Québécois. Informed by SIT principles, our narrative analysis shows how most Franco-Québécois categorize the past in homogenous categories (e.g., the imperialist Anglophone; the surviving Francophone) and frame their stories into particular modes of present-day orientations. Implications of this result for history education will also be discussed.

Programme du Colloque international des didactiques de l’histoire, de la géographie et de l’éducation à la citoyenneté, De nouvelles voies pour la recherche et la pratique en Histoire, Géographie et Éducation à la citoyenneté, Québec, 25-28 octobre 2012

Postfrancophilie ?

« to make them understand that history is made up of grey; it’s neither white or black »

Au journal The Gazette, Jocelyn Létourneau commente le programme d’enseignement de l’histoire au Québec et son influence sur la conscience historique des jeunes Québécois.

Université Laval professor Jocelyn Létourneau, Canada Research Chair in Quebec Contemporary History, a member of the Institute for Advanced Study in Princeton and a fellow of the Trudeau Foundation, warned against becoming “alarmist” over the content in a given history course.

Létourneau said youngsters pick up history from a variety of sources, not just history text books. They learn from films, songs, public debates, news coverage.

“But wherever they get their knowledge, young francophones in Quebec have a defeatist, melancholy vision of Quebec’s historical experience,” Létourneau said. “They think Quebec has been had, including by anglophones.”

The goal of a history course, he said, is to open young people’s minds.

“They should be exposed to different interpretations, not with the idea that you can interpret history however you want, but to make them understand that history is made up of grey; it’s neither white or black, but extremely complex and nuanced. The past is infinitely complex,” he said.

Read more: http://www.montrealgazette.com/life/Quebec+Education+Minister+Marie+Malavoy+defends+history+course+proposal/7377441/story.html#ixzz29HvfTjii

« Et si Paul Sauvé n’avait jamais prononcé le “Désormais…”? », 65e Congrès de l’Institut d’histoire de l’Amérique française. L’individu face à l’histoire : Hommes et Femmes de l’Amérique française, Sherbrooke, 18-20 octobre 2012.

Conférence d’Alexandre Turgeon.

« Désormais… ». Il n’est peut-être pas de mot plus célèbre dans les arcanes de la mémoire collective ou dans les annales de l’histoire du Québec. Ce mot, le premier ministre Paul Sauvé ne cesse de le prononcer à l’automne 1959, alors qu’il succède à Maurice Duplessis. Par ce mot, répété à toutes les occasions, Sauvé tire un trait définitif entre deux temps et deux mondes : entre la Grande Noirceur et la Révolution tranquille, entre l’Ancien et le Nouveau Régime québécois. Que Sauvé ait prononcé le « Désormais… », on ne saurait en douter. Les contemporains en attestent, à l’époque comme aujourd’hui, et maints historiens le confirment dans leurs écrits depuis cinquante ans. Osons malgré tout une question : et si Paul Sauvé n’avait jamais prononcé le « Désormais… »? C’est ce qui apparaît au terme de recherches exhaustives menées dans les journaux et documents de l’époque. Ce sont plutôt Pierre Laporte et André Laurendeau, du journal Le Devoir, qui lui mettent ce mot à la bouche. Pour reprendre les termes de Carlo Ginzburg, le « Désormais… » de Paul Sauvé est en fait un faux, c’est-à-dire que le fictif se fait passer pour vrai. De toute évidence, sur le « Désormais… », la mémoire tout comme l’histoire ont erré, ont été prises en défaut. Comment expliquer ces jeux de mémoire, que cette méprise sur le rôle d’un homme dans l’histoire politique québécoise ait pu devenir un fait historique sans que cela soit remis en cause, et quelles leçons pouvons-nous en tirer, aujourd’hui? C’est ce que nous comptons approfondir dans cette communication.

Programme du 65e Congrès de l’Institut d’histoire de l’Amérique française. L’individu face à l’histoire : Hommes et Femmes de l’Amérique française, Sherbrooke, 18-20 octobre 2012

Turgeon est aussi l’auteur de « Genèse d’un mythe : les origines du “Désormais…” de Paul Sauvé », Bulletin de la Bibliothèque de l’Assemblée nationale, vol. 39, no 2 (automne 2010), p. 19-24.

Avec son célèbre « Désormais », le successeur de Maurice Duplessis, le premier ministre Paul Sauvé, donnait, selon plusieurs commentateurs de notre histoire, l’impulsion à un processus de modernisation du Québec dont il ne put voir la réalisation en raison de sa mort prématurée. Mais, où et quand Sauvé prononça-t-il ce fameux « Désormais » qui, en 1959, inaugurait une nouvelle ère? L’historien Alexandre Turgeon dévoile le résultat de son enquête à ce sujet, et ce n’est pas forcément celui auquel on s’attend.

Lire l’article à la page 19