Monthly Archives: décembre 2012

Comment les élèves du primaire ont construit l’histoire de la Catalogne ?

Par l’entremise d’un questionnaire, Jocelyn Létourneau invite depuis plusieurs années des jeunes Québécois à raconter l’histoire du Québec. Ce projet a inspiré plusieurs chercheurs, dont certains de l’Université Autonome de Catalogne. Ceux-ci ont invité de jeunes Catalans à raconter l’histoire de leur nation. Voici le résumé d’une présentation orale au sujet de ce projet mené en Catalogne. Cette présentation a fait partie de la 1re conférence de l’Association Internationale de Recherche en Didactique de l’Histoire, tenue à Rome entre le 3 et le 5 septembre 2012 et qui avait pour thème Histoire et sciences sociales enseignées : réalisations et perspectives.

Comment les élèves du primaire ont construit l’histoire de la Catalogne?

Résumé. 

La recherche réalisée par l’équipe GREDICS (UAB) fait partie du projet « La fabrication du commun ‐ Récits de l’histoire nationale par les élèves » coordonnée par la professeure Françoise Lantheaume de l’Equipe d’Accueil Education, Cultures, Politiques n° 4571 (ECP) de l’Université de Lyon (France).

L’analyse de l’enseignement et de l’apprentissage de l’histoire nationale n’est pas nouveau. Peut‐être, la nouveauté de notre recherche réside dans le fait qu’elle se centre sur l’histoire de la Catalogne, une nation sans État propre, mais avec une histoire et une langue propre. Le programme d’histoire de la Catalogne a beaucoup d’aspects communs avec le programme d’histoire de l’España (45% de contenus minimums obligatoires pour toute l’España), parce que la Catalogne est une région autonome avec maintes compétences gouvernementales, entre autres éducatives.

Le questionnaire « Que sais‐tu de l’histoire de la Catalogne, et comment l’as‐tu appris? » a été passé par quelques élèves de quatre lycées, trois publics et un privé, pendant le mois de Juin 2011, peu avant la fin de l’année scolaire. La finalité était de découvrir ce que ces élèves savent de l’histoire de la Catalogne en général, de quels personnages et faits ils se rappellent en particulier et comment ils construisent des récits.

Le questionnaire a été passé par tous les cours d’enseignement secondaire obligatoire (12‐16 ans). L’échantillon analysé a été concentré sur trois établissements: Escola Pia de Caldes de Montbui; Institut Banús de Cerdanyola del Vallès; et Institut Vilanova de Vilanova del Camí.

Dans la communication finale, on présentera les principales caractéristiques des établissements et des étudiants (par exemple, la langue utilisée pour s’exprimer et la définition de leur identité « je suis…»). Il sera aussi question de l’analyse des données et des résultats obtenus à propos des principaux personnages et évènements historiques choisis par les élèves. Et surtout, on interprétera les caractéristiques des récits construits par les élèves.

How have primary school children built the history of Catalonia?

Abstract.

Research conducted by the research group GREDICS (UAB) is part of the project « Making common stories of national history by students » coordinated by teacher Françoise Lantheaume from Equipe d’Accueil Education, Cultures, Politiquesn 4571 (ECP) of the Université de Lyon (France).

The analysis of teaching and learning of national history is not new. Perhaps the novelty of our research is that it focuses on the history of Catalonia, a nation without a own state, but with a history and a clean diaper. The history program of Catalonia has many common aspects with the history curriculum of Spain (45%, minimum compulsory contents for all of Spain), because Catalonia is an autonomous region with many governmental jurisdictions among other educational.

The survey « What do you know about the history of Catalonia,and what have you learned? » Was passed students from four high schools, three public and one private, during the month of June 2011, shortly before the end of the school year. The aim was to discover what they know about the history of Catalonia in general, and which characters and events they recalled in particular, and how they constructed stories. The survey was taken by all classes of compulsory secondary education (12‐16 years).

Bibliographie

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Barton K.C. (2008). Research on students’ ideas about history. Handbook of Research in Social Education (Levstik, L.S.; Tyson, C.A. eds.). New York: Routledge (239‐257).

Jenkins K. (2009). Repensar la historia. Madrid: Siglo XXI.

Lautier N.; Allieu‐Mary N. (2008). La didactique de l’histoire. Revue Française de Pédagogie, 162, (95‐131).

Létourneau J., Moisan S. (2004). Young People’s Assimilation of a Collective Historical Memory. Case Study of Quebeckers of French–Canadian Heritage. Theorizing Historical Consciousness, (Seixas P. ed.). Toronto: University of Toronto Press (109‐128).

Levesque S. (2008) Thinking Historically. Educating Students for the Twenty-First Century. Toronto : University of Toronto Press.

Santisteban A. ; González‐Monfort N. ; Pagès J. (2010).“Una investigación sobre la formación del pensamiento histórico. Metodología de investigación en Didáctica de las Ciencias Sociales (Ávila RM. ; Rivero P. ; Domíngues, PL. coords.). Zaragoza: Institución Fernando el Católico (115‐128).

Wilson S.M. (2001). Research on History Teaching. Handbook Of Research On Teaching (Richardson V. ed.). Washington: American Educational Research Association (527‐544).

Doit-on s’étonner des résultats des élections du 4 septembre au Québec ?

Les résultats des dernières élections au Québec sont intrigants.

Quelle humeur populaire faut-il y déceler ? Dans l’avènement du PQ au pouvoir, faut-il simplement voir le remplacement d’un gouvernement par un autre, cette fois orienté centre-gauche plutôt que centre-droit ? Y a-t-il dans l’air, pour parodier René Lévesque, l’ombre du début du commencement d’un trait nouveau qui pourrait un jour, qui sait, devenir quelque chose comme un grand dess(e)in ?

Dans le vote mi-figue mi raisin des Québécois, doit-on plutôt découvrir l’expression d’une culture politique enracinée loin dans le temps — celle de l’ambivalence ? On revient à cette même question, fatigante pour certains et passionnante pour d’autres, en tout cas résistante pour tous : Que veulent vraiment les Québécois ?

Ces questions ont été abordées lors d’une table ronde tenue le 27 septembre 2012. Celle-ci était composée de :

– Jocelyn Létourneau, professeur d’histoire et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire et économie politique du Québec contemporain, CÉLAT, Université Laval;

– Guy Laforest, professeur de science politique, Université Laval;

– Michel Pepin, analyste politique et correspondant parlementaire à Québec pour la radio de Radio-Canada;

– Paul-Émile Auger, secrétaire général de la Table de concertation étudiante du Québec TaCEQ;

et animée par :
– Pascale Guéricolas, journaliste pigiste pour différents médias dont Radio-Canada, L’Actualité et le Fil.

Questions de mémoire

Voici une note critique écrite par Jocelyn Létourneau à propos de l’ouvrage collectif dirigé par Éric-Martin Meunier et Joseph Yvon Thériault : Les impasses de la mémoire : Histoire, filiation, nation et religion.

L’ouvrage est riche et intéressant. Il est impossible de rendre justice à chacun des textes qui le composent. Mon commentaire portera sur quatre interrogations qui, sous-jacentes au volume ou débattues par l’un ou l’autre auteur, si ce n’est par plusieurs, m’interpellent particulièrement. Ces interrogations sont les suivantes : 1) Pourquoi la question de la mémoire est-elle au coeur de notre contemporanéité ? ; 2) Quel type de rapport peut-on, doit-on, entretenir avec le passé, la tradition, les prédécesseurs, les ancêtres ? ; 3) Comment raconter l’expérience historique québécoise ? ; 4) Quelle mémoire d’avenir (pour le Québec) ?

Létourneau, Jocelyn, “Questions de mémoire : compte-rendu de Les impasses de la mémoire : Histoire, filiation, nation et religion, sous la dir. de E.-Martin Meunier et J.-Yvon Thériault”, Recherches sociographiques, 49, 2 (2008), p. 326-343.

“What is to be done with 1759 ?”, dans 1759 Remembered : Interpreting the Conquest, sous la dir. de Philip Buckner et John Reid, Toronto, University of Toronto Press, 2011

Le cours Histoire du Canada (1918-1984)

À l’hiver 2013, pour une troisième saison consécutive, Alexandre Turgeon sera chargé de cours à l’Université Sainte-Anne où il donnera cette fois le cours Histoire du Canada (1918-1984).

Voici une brève description de ce cours qu’il donnera cet hiver, ainsi qu’un lien vers le syllabus de ce cours.

Ce cours porte sur l’histoire du Canada depuis la fin de la Première guerre mondiale jusqu’à nos jours. Une attention particulière sera portée au développement de l’État-providence, aux changements sociaux et politiques et à la place du Canada dans le monde tout au long du 20e siècle.

Syllabus du cours.

Histoire et vivre-ensemble

Du 29 au 31 mai 2012, les membres du CÉLAT se réunissent à Beaupré, en banlieue de Québec. Cette rencontre a pour thème « Les terrains du vivre-ensemble : émergence d’un concept ». À cette occasion, Jocelyn Létourneau présente ses idées au sujet du lien entre l’histoire et le vivre-ensemble. Écrit par Frédérick Nadeau, voici un compte rendu de cette présentation : Histoire et vivre-ensemble.

Extrait : À travers cette communication, Létourneau nous fait part de quelques-unes des réflexions qui guident ses activités scientifiques autour des relations entre histoire et vivre-ensemble. S’inscrivant dans l’axe 2 du Célat –la mise en récit du vivre-ensemble –Létourneau observe principalement dans quelle mesure les façons que l’on a de se dire à nous-mêmes et aux autres, individuellement et collectivement, participent au vivre-ensemble et à la cohésion sociale. Pour ce faire, il s’appuie sur deux postulats de base. 1) Le décentrement inéluctable des sociétés : il existe actuellement, dans nos sociétés, une pression constante vers une individuation croissante; nous vivons ensemble, mais nous vivons seuls ensemble. 2) Il existe toujours une distance plus ou moins importante entre le « passé » et l’ « histoire », entre ce qui fut et le récit de ce qui fut. Dans cette perspective, l’histoire peut jouer un rôle utile afin que la tendance au décentrement n’évolue pas vers la désagrégation sociale. On touche ici à l’une des questions centrales que pose Létourneau et qui est celle du rôle de l’intellectuel dans la société contemporaine : il faut trouver l’équilibre, dit-il, entre la rigueur scientifique et la pertinence sociale; il faut jeter des ponts entre Von Ranke (« le rôle de l’historien est de rendre le passé tel qu’il fut ») et Rorty (« les sciences sociales doivent apporter des solutions aux problèmes de la société »). La question se pose donc ainsi : comment rendre compte fidèlement de l’expérience historique du Québec, mais en ayant toujours en tête un souci de cohésion sociale?

Harmonizing Two of History Teaching’s Main Social Functions

Deux anciens de la Chaire, Paul Zanazanian et Sabrina Moisan cosignent un article publié cette semaine au sujet des professeurs d’histoire au Québec.

Paul Zanazanian & Sabrina MoisanHarmonizing Two of History Teaching’s Main Social Functions: Franco-Québécois History Teachers and Their Predispositions to Catering to Narrative DiversityEducation Sciences, 2012, (4), p. 255-275.

This article presents the Quebec ministry of education’s (MELS) strategy for diversifying the national historical narrative that is transmitted in the province’s History and Citizenship Education program as well as the manner in which Francophone national history teachers put this strategy into practice. In bringing research on their social representations and historical consciousness together, this paper looks at some of the main challenges that these teachers face when specifically harmonizing two of history teaching’s central social functions for catering to narrative diversity. When seeking to adequately balance the transmission of a national identity reference framework with the development of autonomous critical thinking skills, it becomes clear that these teachers’ general quest for positivist-type, true and objective visions of the past as well as their overall attachment to the main markers of their group’s collective memory for knowing and acting Québécois impede them from fully embracing the diversification of the province’s historical narrative. The article ends by raising some important questions regarding the relevance of assisting teachers to authentically develop their own voice and vision for harmonizing the two aforementioned functions of history teaching and for being answerable to the decisions they make when articulating and acting upon such beliefs in class.

Le trou noir de l’histoire

Voici un article de Renée Larochelle publié dans le journal le Fil et concernant la critique de Raphaël Gani envers le livre L’Histoire du Québec pour les nuls.

À trop entendre parler de la Grande Noirceur, les Québécois finiront par croire que leur épopée se résume aux ombres du passé

«Malheureusement, trop de Québécois semblent croire que leur passé se résume à une désespérante Grande Noirceur, sans grand intérêt pour le présent et pour l’avenir. Grave erreur…» C’est cette phrase apparaissant dans l’introduction de L’histoire du Québec pour les nuls, paru récemment aux éditions First, qui a incité Raphaël Gani à réagir en prenant la plume. Dans une lettre d’opinion envoyée au journal La Presse et publiée dans la version électronique du 23 novembre, l’étudiant à la maîtrise en histoire reproche à l’auteur du livre, Éric Bédard, de poser un diagnostic sévère sur les Québécois et leur histoire, sans avoir de preuves à l’appui.
Lire la suite ici.

 

Discussion autour de L’histoire du Québec pour les nuls

Raphaël Gani participe lundi midi à une discussion autour du livre d’Éric Bédard L’histoire du Québec pour les nuls.

Mémoire et récit de l’aventure historique du Québec chez les jeunes Québécois d’héritage canadien-français

Paru en 2004 et souvent cité en exemple, voici un article de Jocelyn Létourneau et Sabrina Moisan au sujet de la conscience historique des jeunes Québécois.

Létourneau, Jocelyn & Sabrina Moisan, « Mémoire et récit de l’aventure historique du Quebec chez les jeunes Québécois d’héritage canadien-francais: coup de sonde, amorce d’analyse des resultats, questionnements », The Canadian Historical Review, 85, 2 (juin 2004), 325-356 p.

À une époque où l’on affirme volontiers que les jeunes ne connaissent à peu près rien de l’histoire du Québec, il est de bon ton de vérifier jusqu’à quel point ce diagnostic est vrai. Encore faut-il procéder de manière adéquate et réaliste en enquêtant sur l’état de leur réflexion historique plutôt qu’en se contentant de simplement mesurer l’étendue de leurs savoirs factuels à l’aide de sondages.

C’est pourquoi, au lieu d’éprouver les intéressés par l’entremise d’une série de questions circonstancielles, nous avons invité quelques centaines de jeunes du secondaire, du collégial et de l’université à s’élancer intellectuellement, par l’entremise d’une courte dissertation ou d’une
prestation écrite apparentée de leur choix, sur l’énoncé suivant : « Présentez ou racontez comme vous la percevez, la savez ou vous vous en souvenez, l’histoire du Québec depuis le début ».