“Trop, c’est comme pas assez.” Les nombreux précurseurs de la Révolution tranquille : ébauche d’une critique

Dans cet article publié dans la Revue d’histoire de l’Université de Sherbrooke – dont le site Internet a fait peau neuve ces derniers jours -, Alexandre Turgeon revient sur cette tendance historiographique à chercher dans le Québec d’avant 1960 des précurseurs, des artisans, voire des pères de la Révolution tranquille

« “Trop, c’est comme pas assez.” Les nombreux précurseurs de la Révolution tranquille : ébauche d’une critique », Revue d’histoire de l’Université de Sherbrooke, vol. 2, no 2 (2010).

Résumé

Dans cet article, nous aborderons la dichotomie Grande Noirceur/Révolution tranquille en nous intéressant à ceux que l’on surnomme les précurseurs – ou artisans, c’est selon – de la Révolution tranquille, tels qu’ils apparaissent ainsi dénommés dans l’historiographie québécoise. Par notre analyse, nous faisons ressortir qu’en utilisant cette dénomination, ces auteurs œuvrent en fait à rétablir la juste mémoire due à certains individus et institutions qui, ignorés ou méconnus dans l’imaginaire collectif, partagent certaines affinités, certains combats mutuels : contre Maurice Duplessis, et pour la modernité. Nous soutenons dans ce texte que ces auteurs en viennent par cette opération à court-circuiter la dichotomie Grande Noirceur/Révolution tranquille, inscrivant cette dernière dans le temps, en antériorité.