Histoire et vivre-ensemble

Du 29 au 31 mai 2012, les membres du CÉLAT se réunissent à Beaupré, en banlieue de Québec. Cette rencontre a pour thème « Les terrains du vivre-ensemble : émergence d’un concept ». À cette occasion, Jocelyn Létourneau présente ses idées au sujet du lien entre l’histoire et le vivre-ensemble. Écrit par Frédérick Nadeau, voici un compte rendu de cette présentation : Histoire et vivre-ensemble.

Extrait : À travers cette communication, Létourneau nous fait part de quelques-unes des réflexions qui guident ses activités scientifiques autour des relations entre histoire et vivre-ensemble. S’inscrivant dans l’axe 2 du Célat –la mise en récit du vivre-ensemble –Létourneau observe principalement dans quelle mesure les façons que l’on a de se dire à nous-mêmes et aux autres, individuellement et collectivement, participent au vivre-ensemble et à la cohésion sociale. Pour ce faire, il s’appuie sur deux postulats de base. 1) Le décentrement inéluctable des sociétés : il existe actuellement, dans nos sociétés, une pression constante vers une individuation croissante; nous vivons ensemble, mais nous vivons seuls ensemble. 2) Il existe toujours une distance plus ou moins importante entre le « passé » et l’ « histoire », entre ce qui fut et le récit de ce qui fut. Dans cette perspective, l’histoire peut jouer un rôle utile afin que la tendance au décentrement n’évolue pas vers la désagrégation sociale. On touche ici à l’une des questions centrales que pose Létourneau et qui est celle du rôle de l’intellectuel dans la société contemporaine : il faut trouver l’équilibre, dit-il, entre la rigueur scientifique et la pertinence sociale; il faut jeter des ponts entre Von Ranke (« le rôle de l’historien est de rendre le passé tel qu’il fut ») et Rorty (« les sciences sociales doivent apporter des solutions aux problèmes de la société »). La question se pose donc ainsi : comment rendre compte fidèlement de l’expérience historique du Québec, mais en ayant toujours en tête un souci de cohésion sociale?