Monthly Archives: février 2013

Trois conférences au congrès de l’ACFAS

Jocelyn Létourneau et Alexandre Turgeon présenteront des conférences lors du 81e congrès de l’ACFAS tenu entre le 6 et le 10 mai 2013 à l’Université Laval dans la ville de Québec. Voici le résumé de ces conférences.

Une table ronde intitulée Quelles histoires pour quels musées et à quelles fins? aura lieu le jeudi 9 mai 2013 entre 9 h 00 et 10 h 30, dans le cadre du colloque Passés exposés : Histoire et historiens dans les musées…
Présidence/animation : Denyse BAILLARGEON Université de Montréal
Participant(s):
Michel CÔTÉ, Musée de la civilisation,
Xavier GÉLINAS, Musée canadien des civilisations,
Jocelyn LÉTOURNEAU, Université Laval,
Claude-Armand PICHÉ, À déterminer
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Au sein du colloque intitulé Lieux de passage et vivre-ensemble, qui se tiendra le lundi 6 mai 2013…
10 h 30 : Jocelyn LÉTOURNEAU, Université Laval

Se penser ensemble dans le Québec d’aujourd’hui

L’expression lieu de passage renvoie au fait que les sociétés ne cessent d’évoluer par rapport à leur état d’être. Selon les moments, le cheminement sociétal est plus ou moins lent ou rapide, apaisé ou violent. L’état d’être d’une société coïncide avec un régime de vivre-ensemble (dont l’une des composantes est de se penser ensemble) qui contribue à la fonctionnalité de la société. L’idée de vivre-ensemble ne signifie pas la disparition des tensions, mais leur modulation dans des formes qui régulent la vie collective. Parfois, l’évolution de la société provoque assez de mutations pour modifier la configuration de l’état d’être de la société et son régime de vivre-ensemble. L’instabilité apparaît. On tente de recréer la concorde en agissant notamment sur le plan symbolique, lequel renvoie au mode de se penser ensemble. Le Québec connaît maintenant une situation mutationnelle. On ne parle pas de crise, mais de problèmes de conciliation entre identité et altérité, d’une part, et d’articulation entre référents collectifs établis et émergents, d’autre part.

Partant de la situation présente du Québec, il s’agira de voir comment les passages qui le marquent – et qui sont susceptibles d’impacter sur le mode de vivre-ensemble et de se penser ensemble comme Québécois – induisent des réactions diverses de la part des groupes sociaux, certains étant soucieux de ramener le Québec vers un état d’être acquis, d’autres poussant la société vers l’actualisation de ses figures identitaires.

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Au sein du colloque La satire dans les arts visuels : questions de la recherche actuelle, qui se tiendra le mercredi 8 mai…

Alexandre TURGEON, Université Laval

« La Palme présente Displicuit Nasus Tuus » : les origines caricaturales de la Grande Noirceur?

Au printemps 1944, le gouvernement libéral d’Adélard Godbout s’apprête à déclencher des élections au Québec. Au pouvoir depuis 1939, le Parti libéral affronte l’Union nationale et le Bloc populaire, dirigés respectivement par Maurice Duplessis – premier ministre de la province entre 1936 et 1939 – et Maxime Raymond. Affaibli par son appui à William Lyon MacKenzie King sur la question de la conscription, Adélard Godbout passe à l’offensive. Les libéraux se tournent vers Robert La Palme, caricaturiste du journal Le Canada, pour la production d’une brochure électorale intitulée « La Palme présente Displicuit Nasus Tuus : tragi-comédie politique en 32 tableaux » – du latin « Ton nez déplaît », en référence au long nez de Maurice Duplessis

Pour étudier cette brochure électorale, nous nous intéresserons de plus près aux stratégies électorales mises en place lors de la campagne de 1944, en s’arrêtant au travail de Lucien Parizeau et de Jean-Marie Nadeau en particulier, eux qui sont les responsables de la propagande libérale. Nous nous pencherons également sur les 32 caricatures de Robert La Palme choisies pour cet exercice, puisées à même un corpus d’une centaine de caricatures publiées par l’artiste dans les pages du journal Le Canada en 1943 et 1944. Nous serons ainsi à même de voir quelles thématiques, quels enjeux et quels sujets ont été privilégiés par le Parti libéral pour la réalisation de cette brochure.

« Untrained to tweet »

Le 20 mars à l’Université Laval, Raphaël Gani organise une journée d’étude intitulée «Diffuser ses recherches pour les nuls».

Comme prélude à cette journée d’étude, voici le réputé didacticien Sam Wineburg qui offre quelques réponses à une question fondamentale : Pourquoi diffuser ses recherches ?

Deux mémoires de maîtrise

Voici deux mémoires de maîtrise produit par d’anciens membres de la Chaire, sous la direction de Jocelyn Létourneau.

Francine Audet, “Mémoire et conscience historique chez les jeunes Québécois de niveau collégial”, mémoire de maîtrise, Université Laval, 2006.

Le contenu de ce mémoire propose une exploration de la conscience historique des jeunes Québécois de niveau collégial à partir des souvenirs qu’ils ont conservés de l’histoire du Québec. L’analyse de contenu d’un récit fait par les élèves, en provenance de plusieurs régions du Québec et d’origines ethniques variées, révèlent une conception plutôt traditionnelle du Nous les Québécois dans l’histoire. Des visions du temps passé qui s’inscrivent en continuité avec le patrimoine représentatif des générations précédentes de Québécois. Le terrain de la mémoire francophone nous oblige à considérer l’influence de la culture politique qui contribue elle aussi à camper, dans la conscience historique et politique des jeunes générations de Québécois, des représentations identitaires assez singulières du Nous dans l’histoire. Des représentations en lien avec nos horizons sur le plan politique et auxquels elles souscrivent partiellement en regard du désir d’affirmation nationale partagé par une partie importante de la collectivité québécoise.

Nicholas Toupin, “Stratégies et politiques nationalistes de René Lévesque (Québec) et de Lee Tenghui (Taïwan) : essai de politique comparée”, mémoire de maîtrise, Université Laval, 2008 [Codirection avec S. Li.].

En Occident comme en Orient, la question nationale est un enjeu pour plusieurs États dont le statut politique est soit mal défini soit insatisfaisant aux yeux d’une part de la population. Dans l’espoir de rectifier la situation, des hommes politiques réclament davantage de pouvoirs locaux et une plus grande représentation internationale. Tant au Québec qu’à Taiwan, ce type de politicien exerce une influence considérable sur l’orientation du nationalisme d’État, contribuant ainsi à transformer les rapports entretenus avec les gouvernements canadiens et chinois. Bien qu’étant éloignées physiquement et culturellement, ces deux sociétés sont tiraillées entre leur appartenance locale et régionale, ce qui a permis à des leaders indépendantistes d’accéder au pouvoir et d’appliquer leurs politiques nationalistes. En cherchant à accroître la souveraineté de leur État, René Lévesque et Lee Teng-hui appartiennent à cette catégorie de politiciens pour qui le statu quo ne peut être maintenu indéfiniment. À la fois idéologues, pragmatiques et réformateurs, ils ont orienté la politique locale dans une voie nouvelle.

En fait, leurs stratégies d’accession à l’indépendance empruntent trois canaux différents qui se complètent pour permettre à leurs politiques nationalistes de s’appliquer à l’échelle locale autant que régionale et internationale. Ces trois volets sont l’identité, la démocratie et la quête de pouvoirs souverains. À travers l’analyse de leurs actions et de leurs écrits, un parallèle peut être dressé entre René Lévesque et Lee Teng-hui qui indique que non seulement ces deux dirigeants œuvrèrent à l’atteinte d’une plus grande souveraineté pour le Québec et pour Taiwan, mais qu’ils employèrent sensiblement les mêmes moyens pour y parvenir.

Paul Sauvé n’aurait pas dit le fameux « Désormais… »

Selon Alexandre Turgeon, le premier ministre Paul Sauvé n’aurait jamais dit publiquement le fameux « Désormais… », ce mot annonçant la rupture entre la Grande Noirceur et la Révolution tranquille. Turgeon arrive à cette conclusion après avoir cherché sans succès les sources qui confirmeraient que Paul Sauvé aurait bel et bien utilisé la formule « Désormais… ». À ce sujet, voici le résumé d’une conférence à venir.

Alexandre Turgeon, « “Il ne sera en poste que 100 jours avant de mourir subitement, mais son célèbre ‘Désormais’ était annonciateur d’un virage majeur” : le rôle des historiens dans la construction du mythistoire du “Désormais…” de Paul Sauvé »Une époque «glorieuse»? Les années 1950 au Québec, 18/10/2013.

« Désormais… ». Il n’y a peut-être pas de mots plus célèbres dans la mémoire collective ou dans l’histoire du Québec. Ce mot, le premier ministre Paul Sauvé ne cesse de le prononcer à l’automne 1959, alors qu’il est appelé à succéder à Maurice Duplessis, décédé à Schefferville. Par ce mot, répété à toutes les occasions, Paul Sauvé tire un trait définitif entre deux temps et deux mondes : , entre l’Ancien et le Nouveau Régime québécois. Que Paul Sauvé ait prononcé le « Désormais… », on ne saurait en douter. Les contemporains en attestent, à l’époque comme aujourd’hui, et de nombreux historiens le confirment dans leurs écrits depuis près de cinquante ans. Or, de récentes recherches montrent que Paul Sauvé n’a jamais prononcé le « Désormais… ». C’est en effet André Laurendeau du journal Le Devoir qui, le premier, lui met ce mot à la bouche. Pour reprendre les termes de Carlo Ginzburg, le « Désormais… » de Paul Sauvé est en fait un faux, c’est-à-dire que le fictif se fait passer pour vrai. Comment expliquer que ce faux ait pu devenir un fait historique, au point de devenir un véritable lieu de mémoire de la société québécoise à l’occasion du cinquantième anniversaire de la Révolution tranquille? C’est ce que nous comptons approfondir dans cette communication en nous intéressant au rôle des historiens dans la construction du mythistoire du « Désormais… » de Paul Sauvé.

Pour un texte à ce sujet :

Description of the Canada Research Chair in Contemporary Political History and Economy in Québec

RESEARCH INVOLVES

Studying Quebec society in terms of the conditions needed for it to grow and flourish, and the evolution of its historical identity in the context of globalization.

RESEARCH RELEVANCE

Will help to better identify the challenges facing modern-day Quebec.

UNDERSTANDING QUEBEC SOCIETY IN ITS MODERN-DAY CONTEXT OF CHANGE

In a world undergoing massive change, small communities must overcome enormous challenges, especially with regard to the conditions they need to grow and flourish and the evolution of their historical identities. Quebec is a particularly fascinating laboratory for researchers interested in studying identity processes at work in modern societies open to intercultural realities and the challenge of globalization. It will be the objective of this chair to find a new approach to examining Quebec society in the modern-day context of change.

Jocelyn Létourneau, a professor at Université Laval, will hold the chair. An expert in interpreting Quebec history, examining relations between Quebec and Canada and analyzing modern-day Western societies, Mr. Létourneau is one of Canada’s most original historians and intellectuals. His work focusses mainly on community memory and community perceptions of identity. His research has a broad international dimension because, around the world, community memory determines how communities relate to each other and perceive their future.

A committed researcher, concerned in particular with the issue of the role of intellectuals in society, he participates in current scientific debates in the fields of history and the social sciences, as well as in the debates on identity in Quebec and Canada. He is a regular guest at fora on Canadian and Quebec studies around the world.

Quelques figures du migrant et du réfugié dans les lettres québécoises

Le CÉLAT présente le deuxième débat du séminaire sur le thème des « Lieux de passage ». Ce séminaire est organisé par l’axe 2 du CÉLAT (« Les narrations de la diversité et du vivre-ensemble ») dont Jocelyn Létourneau est un des responsables.

Ce deuxième débat se tiendra le vendredi 22 février 2013 de 14h à 16h à l’Université Laval, salle DKN-5172.

Simon Harel s’interrogera sur l’ « Extraterritorialité ou assignation à résidence » à partir de trois textes, « Emile Olliver et l’appel du lieu » dont il est l’auteur, « L’invention du quotidien » de Michel de Certeau et « La violence » de Michel Wieviorka. Doctorante en anthropologie du CÉLAT, Nathalie Ricard commentera les questionnements d’Harel.

Les personnes souhaitant assister au séminaire et exprimer leurs propres conceptions sur la notion de lieux de passage sont les bienvenues.

Les textes sont disponibles aux liens ci-dessous.

Émile Ollivier et l’appel du lieu (Simon Harel)

L’invention du quotidien (Michel de Certeau)

La violence (Michel Wieviorka) mot de passe : dlm2012 cliquez ici

Ce séminaire est ouvert à tous. 

Source : Célia Forget, coordinatrice du CÉLAT.

Our new survey : vote !

In your opinion, which images are associated with Quebec’s past and the Quebec identity? Among the 60 images presented, select the 10 that you consider best represent Quebec’s history and identity ? Vote here.

Jurys chargés de décerner les Prix du Canada 2013

Jocelyn Létourneau est un des membres du jury chargés de décerner les Prix du Canada 2013.

La Fédération des sciences humaines a le plaisir d’annoncer le nom des membres des jurys chargés de décerner les Prix du Canada 2013. Les Prix du Canada couronnent annuellement les meilleurs ouvrages érudits en sciences humaines et en sciences sociales qui ont reçu un financement du programme Prix d’auteurs pour l’édition savante.

Les jurys de cette année se composent d’intellectuels publics, d’éminents chercheurs et d’anciens récipiendaires :

Canada Prize in the Social Sciences
Charlotte Gray, Mark Kingwell, Veronica Strong-Boag

Prix du Canada en sciences sociales
Denise Bombardier, Nathalie Des Rosiers, Michel Ducharme

Canada Prize in the Humanities
Natalie Zemon Davis, Susan R. Fisher, Noreen Golfman

Prix du Canada en sciences humaines
Jocelyn Létourneau, Louise Vigneault, Daniel Weinstock

Les photos et les biographies des membres du jury sont accessibles sur le site Web de la Fédération à www.idees-ideas.ca/prix-du-canada

Entrevue radio avec J. Létourneau

Voici une entrevue réalisée avec Jocelyn Létourneau et diffusée le 14 février à l’émission L’heure de pointe sur la première chaîne de Radio-Canada (Saguenay). 

Nous discutons de l’histoire du Québec, entre son passé et ses passages, avec le professeur titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire du Québec contemporain de l’Université Laval, Jocelyn Létourneau.

Écoutez l’entrevue.

 

THEN/HiER Publication Award

Congratulations to Dr. Maria Neagu who won the 2012 THEN/HiER Publication Award for her dissertation completed at the Université Laval in 2011, Conjuguer la nation au passé. Mémoire et identité dans les manuels d’histoire moldaves, 1918-2006 (Jocelyn Létourneau, supervisor). In this well-written and extensively researched study, Dr. Neagu makes a convincing case for studying school textbooks and curriculum documents to better understand the ways in which these official curriculum materials use historical events and figures to shape identity and conceptions of ‘nation’ in the citizenry.

Source : THEN/HiER.