Deux mémoires de maîtrise

Voici deux mémoires de maîtrise produit par d’anciens membres de la Chaire, sous la direction de Jocelyn Létourneau.

Francine Audet, “Mémoire et conscience historique chez les jeunes Québécois de niveau collégial”, mémoire de maîtrise, Université Laval, 2006.

Le contenu de ce mémoire propose une exploration de la conscience historique des jeunes Québécois de niveau collégial à partir des souvenirs qu’ils ont conservés de l’histoire du Québec. L’analyse de contenu d’un récit fait par les élèves, en provenance de plusieurs régions du Québec et d’origines ethniques variées, révèlent une conception plutôt traditionnelle du Nous les Québécois dans l’histoire. Des visions du temps passé qui s’inscrivent en continuité avec le patrimoine représentatif des générations précédentes de Québécois. Le terrain de la mémoire francophone nous oblige à considérer l’influence de la culture politique qui contribue elle aussi à camper, dans la conscience historique et politique des jeunes générations de Québécois, des représentations identitaires assez singulières du Nous dans l’histoire. Des représentations en lien avec nos horizons sur le plan politique et auxquels elles souscrivent partiellement en regard du désir d’affirmation nationale partagé par une partie importante de la collectivité québécoise.

Nicholas Toupin, “Stratégies et politiques nationalistes de René Lévesque (Québec) et de Lee Tenghui (Taïwan) : essai de politique comparée”, mémoire de maîtrise, Université Laval, 2008 [Codirection avec S. Li.].

En Occident comme en Orient, la question nationale est un enjeu pour plusieurs États dont le statut politique est soit mal défini soit insatisfaisant aux yeux d’une part de la population. Dans l’espoir de rectifier la situation, des hommes politiques réclament davantage de pouvoirs locaux et une plus grande représentation internationale. Tant au Québec qu’à Taiwan, ce type de politicien exerce une influence considérable sur l’orientation du nationalisme d’État, contribuant ainsi à transformer les rapports entretenus avec les gouvernements canadiens et chinois. Bien qu’étant éloignées physiquement et culturellement, ces deux sociétés sont tiraillées entre leur appartenance locale et régionale, ce qui a permis à des leaders indépendantistes d’accéder au pouvoir et d’appliquer leurs politiques nationalistes. En cherchant à accroître la souveraineté de leur État, René Lévesque et Lee Teng-hui appartiennent à cette catégorie de politiciens pour qui le statu quo ne peut être maintenu indéfiniment. À la fois idéologues, pragmatiques et réformateurs, ils ont orienté la politique locale dans une voie nouvelle.

En fait, leurs stratégies d’accession à l’indépendance empruntent trois canaux différents qui se complètent pour permettre à leurs politiques nationalistes de s’appliquer à l’échelle locale autant que régionale et internationale. Ces trois volets sont l’identité, la démocratie et la quête de pouvoirs souverains. À travers l’analyse de leurs actions et de leurs écrits, un parallèle peut être dressé entre René Lévesque et Lee Teng-hui qui indique que non seulement ces deux dirigeants œuvrèrent à l’atteinte d’une plus grande souveraineté pour le Québec et pour Taiwan, mais qu’ils employèrent sensiblement les mêmes moyens pour y parvenir.

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