Monthly Archives: septembre 2014

« Et si Paul Sauvé n’avait jamais prononcé le “Désormais…”? »

Alexandre Turgeon, « Et si Paul Sauvé n’avait jamais prononcé le “Désormais…”? », Revue d’histoire de l’Amérique française, vol. 67, no 1 (été 2013), p. 33-56.

Résumé
• « Désormais… ». Il n’y aurait pas de mots plus célèbres dans l’histoire du Québec. Le premier ministre Paul Sauvé l’aurait prononcé sans cesse à l’automne 1959, alors qu’il succède à Maurice Duplessis, afin de tirer un trait définitif entre deux mondes : la Grande Noirceur duplessiste et la Révolution tranquille. Que Paul Sauvé ait prononcé le « Désormais… », on ne saurait en douter. Les contemporains en attestent, maints historiens le confirment. Osons malgré tout une question : Et si Paul Sauvé n’avait jamais prononcé le « Désormais… » ? C’est ce qui apparaît au terme de recherches exhaustives menées dans les journaux et documents de l’époque. Cet article propose d’étudier comment le « Désormais… » est devenu un mythistoire.

Abstract
• “Désormais…” (From Now On). There might not be a more famous word in Québec history. As he was succeeding Maurice Duplessis as Premier during the autumn of 1959, Paul Sauvé is said to have used this word repeatedly to draw a line between two worlds : the Great Darkness of the Duplessis era and the Quiet Revolution. There can be no doubt that Paul Sauvé routinely used the word “Désormais…”, as several contemporaries and historians have confirmed. Nonetheless, we ask the question : What if Paul Sauvé had never uttered “Désormais…” ? Through an exhaustive research in the archives and newspapers of that era, this paper examines how the word “Désormais…” became a mythistory.

La Grande Noirceur et Révolution tranquille 2.0

« Comment travailler la mémoire sur Twitter. Quelques réflexions d’ordre méthodologique à partir de la Grande Noirceur et Révolution tranquille 2.0 », Études canadiennes/Canadian Studies, vol. 76 (juin 2014), p. 11-25.

Tout au long de la grève générale étudiante et de la campagne électorale québécoise de 2012, un phénomène fascinant s’est produit sur Twitter que j’appelle la Grande Noirceur et Révolution tranquille 2.0. Du 16 mai au 12 septembre 2012, j’ai relevé 6 000 tweets qui évoquent le souvenir de la Grande Noirceur et de la Révolution tranquille. J’ai constaté à quel point Twitter est un média privilégié pour étudier ces questions sensibles touchant à la mémoire collective, aux usages du passé et au rapport au passé. Limités à seulement 140 caractères, les utilisateurs doivent être synthétiques, d’où le recours à ces images signifiantes dans l’imaginaire collectif québécois. Revenant sur mon parcours, je chercherai à répondre à la question suivante : Comment travailler la mémoire sur Twitter?

Throughout the student general strike and the 2012 Quebec’s electoral campaign, a fascinating phenomenon occurred on Twitter that I call the Great Darkness and Quiet Revolution 2.0. From May 16 to September 12, 2012, I noticed 6,000 tweets that evoke the memory of both the Great Darkness and the Quiet Revolution. I was able to see how Twitter is a privileged media for studying these sensitive issues relating to collective memory, uses of the past and relations to the past. Limited to only 140 characters, users must be synthetic and, hence the use of these meaningful images in Quebec’s collective imaginary. Looking back over my own work, I seek to answer the following question: How can we work the memory on Twitter?

Thèse de doctorat (2012)