La Grande Noirceur et Révolution tranquille 2.0

« Comment travailler la mémoire sur Twitter. Quelques réflexions d’ordre méthodologique à partir de la Grande Noirceur et Révolution tranquille 2.0 », Études canadiennes/Canadian Studies, vol. 76 (juin 2014), p. 11-25.

Tout au long de la grève générale étudiante et de la campagne électorale québécoise de 2012, un phénomène fascinant s’est produit sur Twitter que j’appelle la Grande Noirceur et Révolution tranquille 2.0. Du 16 mai au 12 septembre 2012, j’ai relevé 6 000 tweets qui évoquent le souvenir de la Grande Noirceur et de la Révolution tranquille. J’ai constaté à quel point Twitter est un média privilégié pour étudier ces questions sensibles touchant à la mémoire collective, aux usages du passé et au rapport au passé. Limités à seulement 140 caractères, les utilisateurs doivent être synthétiques, d’où le recours à ces images signifiantes dans l’imaginaire collectif québécois. Revenant sur mon parcours, je chercherai à répondre à la question suivante : Comment travailler la mémoire sur Twitter?

Throughout the student general strike and the 2012 Quebec’s electoral campaign, a fascinating phenomenon occurred on Twitter that I call the Great Darkness and Quiet Revolution 2.0. From May 16 to September 12, 2012, I noticed 6,000 tweets that evoke the memory of both the Great Darkness and the Quiet Revolution. I was able to see how Twitter is a privileged media for studying these sensitive issues relating to collective memory, uses of the past and relations to the past. Limited to only 140 characters, users must be synthetic and, hence the use of these meaningful images in Quebec’s collective imaginary. Looking back over my own work, I seek to answer the following question: How can we work the memory on Twitter?