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3600 secondes d’Histoire | Entrevue avec Alexandre Turgeon

Cliquer sur l'image pour entendre l'entrevue avec Alexandre Turgeon. "Afin de souligner le 1er avril, l’équipe de 3600 secondes d’histoire se tourne vers la caricature et l’humour politique pour vous offrir une émission sur le caricaturiste Robert La Palme, observateur attentif des années Duplessis. Bien plus que de simples dessins contestataires, les caricatures de La Palme ont contribué à forger une image de Duplessis qui a toujours beaucoup d’emprise aujourd’hui dans la représentation qu’on se fait de celui-ci et de son gouvernement. Les étiquettes qu’on lui accole sont nombreuses : corrompu, fidèle allié de l’Église, peu soucieux du respect de la démocratie, autoritaire. Les exemples nourrissant le mythe de la « Grande noirceur » ne manquent pas sous la plume de La Palme. Afin de mieux comprendre le rôle de la caricature et sa prolifération sous les années Duplessis, nous recevons ce soir Alexandre Turgeon, étudiant au doctorat en histoire à l’Université Laval. Si vous êtes curieux d’en savoir plus sur le rôle de La Palme et de ses caricatures dans la construction du mythe de la « Grande Noirceur »"

Cliquer sur l’image pour entendre l’entrevue avec Alexandre Turgeon. « Afin de souligner le 1er avril, l’équipe de 3600 secondes d’histoire se tourne vers la caricature et l’humour politique pour vous offrir une émission sur le caricaturiste Robert La Palme, observateur attentif des années Duplessis. Bien plus que de simples dessins contestataires, les caricatures de La Palme ont contribué à forger une image de Duplessis qui a toujours beaucoup d’emprise aujourd’hui dans la représentation qu’on se fait de celui-ci et de son gouvernement. Les étiquettes qu’on lui accole sont nombreuses : corrompu, fidèle allié de l’Église, peu soucieux du respect de la démocratie, autoritaire. Les exemples nourrissant le mythe de la « Grande noirceur » ne manquent pas sous la plume de La Palme.
Afin de mieux comprendre le rôle de la caricature et sa prolifération sous les années Duplessis, nous recevons ce soir Alexandre Turgeon, étudiant au doctorat en histoire à l’Université Laval. Si vous êtes curieux d’en savoir plus sur le rôle de La Palme et de ses caricatures dans la construction du mythe de la « Grande Noirceur » »

« Robert LaPalme n’est pas mort. Quand la caricature permet de renforcer le mythistoire de la Grande Noirceur (1984-2009) », Québec Studies, Special Issue (Fall 2013). À paraître.

 

Parution prochaine d’un article signé Alexandre Turgeon.

Dans cet article, nous montrerons comment les caricatures de Robert LaPalme sont utilisées comme source historique au sein de trois supports – le manuel d’histoire, l’événement commémoratif et la synthèse historique – pour entretenir, voire renforcer, le mythistoire de la Grande Noirceur, alors qu’au même moment, l’historiographie sur le Québec de l’après-guerre ne cesse de se renouveler, que de plus en plus de voix s’élèvent pour dépasser le concept, séducteur mais réducteur, de la Grande Noirceur. En nous penchant sur ces supports qui ont la particularité d’agencer et d’organiser les caricatures de LaPalme dans un but réfléchi, nous verrons comment l’œuvre du caricaturiste est actualisée, c’est-à-dire comment ses caricatures y sont utilisées ou interprétées et comment il est possible pour la caricature d’agir ainsi sur un mythistoire aussi puissant que celui de la Grande Noirceur.

Robert LaPalme (1908-1997)

Robert LaPalme (1908-1997)

Deux textes d’Alexandre Turgeon à paraître

« “Toé, tais-toé!” et la Grande Noirceur duplessiste. Genèse d’un mythistoire », Histoire sociale/Social History. À paraître.

« Toé, tais-toé! » de lancer Maurice Duplessis à Antoine Rivard, à l’été 1958. Dans cette formule, se cristallisent trois idées-forces du mythistoire de la Grande Noirceur duplessiste, soit l’autoritarisme de Duplessis, l’asservissement de ses collaborateurs et un climat malsain pour la presse. Or, il s’agit d’un faux, le caricaturiste Robert La Palme étant le premier à lui mettre ces mots à la bouche. Dans cet article, sont étudiés les processus par lesquels le pouvoir évocateur de l’image a permis à la formule de s’imposer dans un court laps de temps dans le discours social. Il s’agit de voir comment ce passage d’un état, d’une formule, d’un média à un autre s’est effectué, en quoi le format même de la caricature a pu favoriser ces différents passages et permis au fictif de passer pour vrai dans le Québec d’après-guerre.

« Robert La Palme n’est pas mort », Québec Studies. À paraître.

« Les origines caricaturales de la Grande Noirceur? », à l’ACFAS

origines caricaturales de la Grande Noirceur ACFAS Duplessis Lapalme

Ce mercredi, Alexandre Turgeon présente une conférence intitulée « La Palme présente Displicuit Nasus Tuus » : les origines caricaturales de la Grande Noirceur? Dans le cadre du colloque 328 de l’ACFAS  – La satire dans les arts visuels : questions de recherche actuelle -, cette conférence débute à 15h15 au local 3136 du Pavillon Charles-de Koninck à l’Université Laval. Voici un résumé de la conférence.

Au printemps 1944, le gouvernement libéral d’Adélard Godbout s’apprête à déclencher des élections au Québec. Au pouvoir depuis 1939, le Parti libéral affronte l’Union nationale et le Bloc populaire, dirigés respectivement par Maurice Duplessis – premier ministre de la province entre 1936 et 1939 – et André Laurendeau. Affaibli par son appui à William Lyon MacKenzie King sur la question de la conscription, Adélard Godbout passe à l’offensive. Les libéraux se tournent vers Robert La Palme, caricaturiste du journal Le Canada, pour la production d’une brochure électorale intitulée « La Palme présente Displicuit Nasus Tuus : tragi-comédie politique en 32 tableaux » – du latin « Ton nez déplaît », en référence au long nez de Maurice Duplessis

Pour étudier cette brochure électorale, nous nous intéresserons de plus près aux stratégies électorales mises en place lors de la campagne de 1944, en s’arrêtant au travail de Lucien Parizeau et de Jean-Marie Nadeau en particulier, eux qui sont les responsables de la propagande libérale. Nous nous pencherons également sur les 32 caricatures de Robert La Palme choisies pour cet exercice, puisées à même un corpus d’une centaine de caricatures publiées par l’artiste dans les pages du journal Le Canada en 1943 et 1944. Nous serons ainsi à même de voir quelles thématiques, quels enjeux et quels sujets ont été privilégiés par le Parti libéral pour la réalisation de cette brochure.

Trois conférences au congrès de l’ACFAS

Jocelyn Létourneau et Alexandre Turgeon présenteront des conférences lors du 81e congrès de l’ACFAS tenu entre le 6 et le 10 mai 2013 à l’Université Laval dans la ville de Québec. Voici le résumé de ces conférences.

Une table ronde intitulée Quelles histoires pour quels musées et à quelles fins? aura lieu le jeudi 9 mai 2013 entre 9 h 00 et 10 h 30, dans le cadre du colloque Passés exposés : Histoire et historiens dans les musées…
Présidence/animation : Denyse BAILLARGEON Université de Montréal
Participant(s):
Michel CÔTÉ, Musée de la civilisation,
Xavier GÉLINAS, Musée canadien des civilisations,
Jocelyn LÉTOURNEAU, Université Laval,
Claude-Armand PICHÉ, À déterminer
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Au sein du colloque intitulé Lieux de passage et vivre-ensemble, qui se tiendra le lundi 6 mai 2013…
10 h 30 : Jocelyn LÉTOURNEAU, Université Laval

Se penser ensemble dans le Québec d’aujourd’hui

L’expression lieu de passage renvoie au fait que les sociétés ne cessent d’évoluer par rapport à leur état d’être. Selon les moments, le cheminement sociétal est plus ou moins lent ou rapide, apaisé ou violent. L’état d’être d’une société coïncide avec un régime de vivre-ensemble (dont l’une des composantes est de se penser ensemble) qui contribue à la fonctionnalité de la société. L’idée de vivre-ensemble ne signifie pas la disparition des tensions, mais leur modulation dans des formes qui régulent la vie collective. Parfois, l’évolution de la société provoque assez de mutations pour modifier la configuration de l’état d’être de la société et son régime de vivre-ensemble. L’instabilité apparaît. On tente de recréer la concorde en agissant notamment sur le plan symbolique, lequel renvoie au mode de se penser ensemble. Le Québec connaît maintenant une situation mutationnelle. On ne parle pas de crise, mais de problèmes de conciliation entre identité et altérité, d’une part, et d’articulation entre référents collectifs établis et émergents, d’autre part.

Partant de la situation présente du Québec, il s’agira de voir comment les passages qui le marquent – et qui sont susceptibles d’impacter sur le mode de vivre-ensemble et de se penser ensemble comme Québécois – induisent des réactions diverses de la part des groupes sociaux, certains étant soucieux de ramener le Québec vers un état d’être acquis, d’autres poussant la société vers l’actualisation de ses figures identitaires.

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Au sein du colloque La satire dans les arts visuels : questions de la recherche actuelle, qui se tiendra le mercredi 8 mai…

Alexandre TURGEON, Université Laval

« La Palme présente Displicuit Nasus Tuus » : les origines caricaturales de la Grande Noirceur?

Au printemps 1944, le gouvernement libéral d’Adélard Godbout s’apprête à déclencher des élections au Québec. Au pouvoir depuis 1939, le Parti libéral affronte l’Union nationale et le Bloc populaire, dirigés respectivement par Maurice Duplessis – premier ministre de la province entre 1936 et 1939 – et Maxime Raymond. Affaibli par son appui à William Lyon MacKenzie King sur la question de la conscription, Adélard Godbout passe à l’offensive. Les libéraux se tournent vers Robert La Palme, caricaturiste du journal Le Canada, pour la production d’une brochure électorale intitulée « La Palme présente Displicuit Nasus Tuus : tragi-comédie politique en 32 tableaux » – du latin « Ton nez déplaît », en référence au long nez de Maurice Duplessis

Pour étudier cette brochure électorale, nous nous intéresserons de plus près aux stratégies électorales mises en place lors de la campagne de 1944, en s’arrêtant au travail de Lucien Parizeau et de Jean-Marie Nadeau en particulier, eux qui sont les responsables de la propagande libérale. Nous nous pencherons également sur les 32 caricatures de Robert La Palme choisies pour cet exercice, puisées à même un corpus d’une centaine de caricatures publiées par l’artiste dans les pages du journal Le Canada en 1943 et 1944. Nous serons ainsi à même de voir quelles thématiques, quels enjeux et quels sujets ont été privilégiés par le Parti libéral pour la réalisation de cette brochure.

Picturing Quebec with Caricatures : Moods and Humor of a Society Through Time

Call for papers for Recherches sociographiques (2014).

In Quebec, as elsewhere, caricature as a medium is being used increasingly to depict society as it evolves. Caricaturists are popular; they have become real stars by appearing on television, with some even hosting their own shows! They also have a strong presence on the Web and their published works top the bestsellers lists.

For some time now, caricaturist’s work has been (re) discovered as a source for studying society. Under the influence of those comic editorialists and their biting and caustic humor, representations are built that inspire, provoke, entertain or incite conversation. On this basis, a society may transform, crystallize, laugh or cry at itself. 

In this thematic issue, we endeavor to broaden reflection and research about caricature by specific examples or methodological and theoretical reflection drawn from the history of those drawings in Quebec, to see how caricature carried and created the moods of a society in different periods of its history.

Moods of a society can be defined as the collective imaginaries: as they are different ways of representing the self and the other. Those moods can also be understood by the metaphor of an historical or political play, of which the main characters are the politicians, of course, who are still as of today the main inspiration of caricaturists. Hidden behind the caricatures drawn by those talented artists are social issues and power relationships which describe in details about the way a society may reflect upon itself through its evolution. Can a caricature’s impact be studied,and if so, how? This is a topic that should not be neglected and must be brought to light.

Reasoning about moods and humor of a society requires further works as specific studies may result in bringing a (forced) laugh to the reader about the past and present of Quebec and aquestioning about its future.It’s been said before, a picture is worth a thousand words. However one must be able to make the picture talk. In most cases, the pictures are only used to illustrate the text. Frequently, pictures are limited to the middle pages, set apart from the body of the text. In this issue, it will be the opposite. Not only will the pictures be closely related; they will also be at the center of texts and analysis. The purpose of it all is simple: to make the pictures talk… and to prick up our ears!

To submit a publishing project, please contact Alexandre Turgeon (alexandre.turgeon.2@ulaval.ca).

Deadline to submit a publishing project (400 words): April 1st 2013

Acceptation date for proposals: May 1st 2013

Submission date for articles: April 1st 2014 (to be published in 2015)

Recherches sociographiques publishes original study projects about Quebec and French Canada. Given its interdisciplinary nature, sociologists, historians, demographers, economists, anthropologists, political scientists and literary academics collaborate to the journal.

The issue will be published in French, but propositions and articles in English will be evaluated. Authors of accepted articles will have the responsibility to produce a professional translation of their article. Comparative studies are also welcome, providing that Quebec or French Canada is one of the two subjects of the study.

Analyse d’images : un exemple à partir de caricatures

Un texte d’Alexandre Turgeon retient l’attention dans le cours Méthodes qualitatives (SOC-4100/7100) donné à l’hiver 2013. Pour la séance à propos de l’analyse d’images, les élèves doivent lire le texte de Turgeon intitulé « «Les femmes et la politique dans les caricatures de Robert La Palme, 1943-1951».

A. Turgeon, « Les femmes et la politique dans les caricatures de Robert La Palme, 1943- 1951 », Revue d’histoire de l’Amérique française, vol 63, nos 2-3, p. 361–387.

De 1943 à 1951, Robert La Palme présente sa vision caustique de l’actualité à travers des milliers de caricatures au sein du Canada, un journal d’élite. Ses caricatures paraissent alors que les femmes investissent l’espace public et obtiennent des droits politiques au Québec. Dans son théâtre, le caricaturiste fait intervenir une panoplie d’acteurs, dont les femmes, lesquelles sont représentées sous la forme de femmes ordinaires, de personnages symboliques, et de caricatures grotesques de responsables politiques. Pour rejoindre un lectorat d’élite, soit La Palme adopte leur langage, soit il adapte le sien au leur. Aussi, le caricaturiste met-il en scène des rapports de genres conventionnels dans son œuvre, où prime l’idéal domestique de la femme. Certains métiers, certains rôles de la femme sont ainsi valorisés, d’autres dévalorisés, voire ignorés. En fait, certains types de femmes n’apparaissent tout simplement pas dans le champ de vision du caricaturiste, comme si elles n’existaient pas.

Appel de textes pour Recherches sociographiques: « Le Québec mis en caricatures »

Candidat au doctorat en histoire et membre de la Chaire, Alexandre Turgeon dirigera un numéro thématique sur le Québec mis en caricatures pour la revue Recherches sociographiques. La parution de ce numéro thématique est prévue en 2015.

 

L’appel de textes entre en vigueur aujourd’hui et se termine le 1er avril 2013. Il est disponible ici :

Le Québec mis en caricatures. Humeurs et humours d’une société à travers le temps

Texte d’appel pour Recherches sociographiques (2014)

La caricature est un médium de plus en plus employé, au Québec comme ailleurs, pour mettre en images la société qui se fait. Les caricaturistes ont d’ailleurs la cote, eux qui sont devenus de véritables stars médiatiques en apparaissant à la télévision – certains ont même leur propre émission! –, en ayant une présence soutenue sur le Net et en publiant des recueils qui trônent au sommet des ventes.

Depuis quelques années, la caricature a été (re)découverte comme source pour étudier la société qui, par l’intermédiaire de ces éditorialistes de l’image à l’humour acéré et caustique, se bâtit des représentations qui l’inspirent, la font jaser, la provoquent ou l’amusent et, sur cette base, l’amènent à se changer, à se confirmer ou tout simplement à se moquer ou à pleurer d’elle-même.

Dans ce numéro thématique, nous entendons élargir la recherche et la réflexion sur la caricature en essayant de voir, par des exemples concrets ou encore par des réflexions d’ordre théorique et méthodologique puisés à l’histoire de ce dessin au Québec, comment la caricature a porté tout autant que créé des humeurs de société, et ce, à différentes époques du passé québécois.

Par humeurs de société, on entend, notamment, des modes de représentation de Soi et de l’Autre, des imaginaires collectifs donc, mais aussi des mises en scène du théâtre historique et politique national, y compris le jeu de ses personnages clés dans ce théâtre – les responsables politiques bien sûr! –, qui n’ont de cesse de faire le pain et le beurre des caricaturistes. Derrière les caricatures dessinées par des artistes de talent se cachent des enjeux sociaux, mais aussi des rapports de pouvoir, qui en disent long sur la façon dont la société se pense à différents moments de son évolution. La question même de la réception de la caricature – peut-on l’étudier, et si oui, comment? – reste d’ailleurs un enjeu de taille à mettre au jour qu’il ne faudrait pas négliger.

Entre humeur et humour de société, il existe une dialectique à approfondir à l’aune d’études concrètes dont le résultat sera possiblement d’amener le lecteur à rire (jaune) de ce que fut le Québec d’hier à aujourd’hui, et à se questionner peut-être, aussi, sur le Québec de demain.

Une image vaut 1 000 mots, dit-on, mais encore faut-il prendre le temps de faire parler cette image. Plus souvent qu’autrement, les images sont utilisées pour illustrer le texte. Il n’est pas rare de voir les images être confinées au centre de l’ouvrage. Ainsi elles sont détachées, littéralement, du corps du texte. Ce sera tout le contraire de ce numéro, où les images seront non seulement au cœur du texte et des analyses mais en relation étroite avec le texte. Car c’est bien de cela dont il s’agit, au fond : faire parler les images, et savoir tendre l’oreille.

Pour tout projet de soumission de texte, prière de s’adresser à Alexandre Turgeon (alexandre.turgeon.2@ulaval.ca).

Date limite pour soumettre un projet de publication (400 mots) : 1er avril 2013

Date d’acceptation des propositions : 1er mai 2013

Date de soumission des articles : 1er avril 2014 (pour publication en 2015)

Recherches sociographiques publie des travaux de recherche originaux sur le Québec et sur le Canada français. Par son caractère interdisciplinaire, la revue fait appel aux sociologues, politologues, historiens, démographes, économistes, anthropologues, littéraires.