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Conférence de Catherine Vézina et d’Alexandre Turgeon

Unité nationale en péril ?

Au Congrès de l’ACELAC en mai prochain, Alexandre Turgeon et Catherine Vézina présenteront une conférence intitulée :  « Unité nationale en péril? Aspirations du peuple québécois, immigration mexicaine aux États-Unis et réaction de la presse, 1964-2012 ». Voici le résumé de cette présentation.

Depuis quelques décennies, la métaphore du Melting Pot américain est remise en question et cède sa place à celle du Salad Bowl. L’Amérique semble se tourner vers le multiculturalisme plutôt que de viser l’intégration des immigrants, clef de voûte des politiques migratoires américaines depuis le 19e siècle. Cependant, la coexistence de certains groupes ethniques ou culturels au sein des États américains ne semble pas si aisée et les discours anti-immigrants, particulièrement à l’égard de l’immigration mexicaine, prolifèrent.

Avec la hausse de la proportion du nombre d’immigrants illégaux mexicains depuis l’abandon du programme bracero, le discours autour de l’immigration mexicaine se fait plus alarmiste. Des journalistes américains n’hésitent pas d’ailleurs à faire des rapprochements entre cette « invasion latina » et la situation politique canadienne. De la même manière que les ambitions indépendantistes des Québécois ont laissé présager le pire pour le Canada, ils craignent que les différences culturelles des immigrants mexicains ne finissent par mener à des revendications qui mettraient l’unité du pays en danger.

Pour comprendre comment la dualité culturelle canadienne influence le discours anti-mexicain qui s’est développé aux États-Unis ces dernières décennies, nous nous proposons de fouiller les similarités dans les discours entourant la « menace québécoise » et la « menace mexicaine ». Les réactions de la presse anglophone du Canada face aux réclamations du Québec ainsi que la perception de ce problème identitaire par la presse américaine seront observées pour ensuite être mises en parallèle avec la formulation des discours et des politiques anti-immigrants aux États-Unis.

Pour la référence complète : Catherine Vézina et Alexandre Turgeon, « Unité nationale en péril? Aspirations du peuple québécois, immigration mexicaine aux États-Unis et réaction de la presse, 1964-2012 », Congrès de l’ACELAC. Le Canada et les Amériques : Savoir, peuples et solidarités itinérantes, Ottawa, 3-5 mai 2013. À venir.

Félicitations à Catherine Vézina pour l’obtention d’un poste de professeur en histoire internationale comparée

Nous félicitons Catherine Vézina, membre invitée à la Chaire en 2011-2012, pour l’obtention d’un poste de professeur en histoire internationale comparée au Centro de Investigación y Docencia Económicas (Mexique).

Voici une courte notice biographique écrite par Catherine.

J’ai réalisé mon baccalauréat en histoire, profil international, à l’Université Laval et à la Universidad Iberoamericana à Mexico. Dès cette époque, j’ai donc commencé à me spécialiser en histoire mexicaine contemporaine, ce qui m’a donné envie de poursuivre dans cette direction à la maîtrise. 

C’est sous la direction de Marie Lapointe, spécialiste de l’histoire mexicaine et de l’histoire du Yucatán, que j’ai réalisé mon mémoire de maîtrise sur un volet de l’histoire yucatèque : le développement de son industrie touristique. Sujet encore peu étudié, pendant toute l’année 2006, grâce au soutien académique de la Universidad Autónoma de Yucatán et de l’appui financier de la Secretaría de Relaciones Exteriores du Mexique, j’ai dépouillé plusieurs fonds d’archives à Mérida, capitale de l’État, afin d’esquisser un portrait de la dynamique de ce développement. 

Constatant que le tourisme ne solutionnait pas tous les problèmes économiques du Yucatán et n’arrivait pas à freiner l’émigration vers les États-Unis, je me suis intéressée à la problématique de la migration mexicano-américaine dans une perspective historique.

En 2007, je commençais ainsi mon doctorat sur la consolidation des flux migratoires légal et illégal après la Deuxième Guerre mondiale. Je me suis alors intéressée à des problématiques binationales qui m’ont permises de mieux comprendre la dynamique migratoire qui unit des États mexicains « producteurs » de migrants et des États américains « récepteurs » de migrants. Je me suis donc rendu à Mexico en 2009-2010, avec le soutien du Centro de Investigación y Docencia Económicas (CIDE) et de la Secretaría de Relaciones Exteriores, pour réaliser des recherches aux archives nationales, ainsi qu’à Sacramento (Calif.) pour dépouiller plusieurs documents de l’État qui m’ont beaucoup éclairé sur les enjeux reliés aux travailleurs migratoires mexicains. C’est ce caractère binational de l’histoire de la migration mexicano-américaine que j’ai tenté de mettre en évidence dans ma thèse doctorale que j’ai terminé d’écrire en 2011-2012, dans les bureaux de la Chaire de recherche du Canada en histoire et en économie politique du Québec contemporain. C’est aussi dans ce milieu de travail stimulant (les collègues sont des passionnés qui aiment la polémique et le débat!) que j’ai monté mon cours sur l’histoire générale de l’Amérique latine. 

Je laisse mon bureau à la Chaire pour prendre ma place comme professeure en histoire internationale comparée au Centro de Investigación y Docencia Económicas(CIDE) dès le 1er octobre.