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Se souvenir du Québec

Connaissez-vous votre Québec?

Boursier du Collegium de Lyon

Que savez-vous de l’histoire du Québec?

Conférence ArchéoPat en archéologie et patrimoine

Que savez-vous de l’histoire du Québec?

par
Raphaël Gani,
candidat à la maîtrise en histoire à l’Université Laval

On dit des Québécois qu’ils s’essuient les pieds sur leur passé (M. Bock-Côté), qu’ils voient l’histoire comme une désespérante Grande noirceur (É. Bédard) et qu’ils manquent de connaissances historiques (P. Duchesne). Qu’en est-il vraiment? Nous synthétiserons les résultats d’une dizaine d’enquêtes (2002-2013) montrant l’importance primordiale de la guerre de la Conquête dans les souvenirs des Québécois. Négligés, ces résultats d’enquêtes pourraient contribuer à l’actuelle réforme de l’enseignement de l’histoire.

jeudi 5 décembre 2013 à 12h00
UQAR – Université du Québec à Rimouski
Local D-530

CONFÉRENCE GRATUITE ET OUVERTE À TOUS
présentée dans le cadre du cours HIS 15001 Histoire de la Nouvelle-France

L’événement Facebook.

conférence r. gani que savez vous de l'histoire du Québec

 

Les jeunes savent sans connaître

Quels souvenirs pour quelle jeunesse ?

Une visite au musée a une influence sur la conscience historique des élèves au primaire

Lancé au printemps 2006, le projet « Les Canadiens et leurs passés » est une alliance de recherche universités-communauté (ARUC) rassemblant sept chercheurs, quinze collaborateurs, six universités et, pour le moment, une dizaine de partenaires de la communauté. De manière générale, c’est la question du rapport que les Canadiens entretiennent avec le passé qui intéresse les participants à ce projet. Quelle conscience les Canadiens ont-ils du passé? Comment font-ils usage de l’histoire dans leur vie quotidienne? Dans quelle mesure les références au passé jouent-elles un rôle actif dans la construction de leurs identités individuelles et collectives au présent? Voilà quelques-unes des questions abordées dans le cadre de ce projet quinquennal aux orientations novatrices et aux retombées majeures.

Voici un article en lien avec ce projet de recherche.

Une visite au musée a une influence sur la conscience historique des élèves au primaire.
Une visite au Musée acadien de l’Université de Moncton semble avoir d’excellentes répercussions sur la rétention des connaissances historiques des élèves francophones du Nouveau-Brunswick.

C’est ce que révèlent les conclusions d’une recherche menée en 2009-2010 par Jeanne Mance Cormier et Hélène Savoie, respectivement conservatrice-recherchiste et assistante de recherche au Musée acadien.

Pour la suite, cliquer sur l’image suivante.

Une visite au musée a une influence sur la conscience historique des élèves au primaire

Révolution tranquille? L’ignorance pleine de l’histoire du Québec contemporain

Texte inédit de Raphaël Gani.

Le gouvernement Marois veut rendre obligatoire au cégep un cours d’histoire nationale du Québec contemporain. Homme important dans ce dossier, Mario Beauchemin est le président la Fédération des enseignants de cégeps (CSQ), dont les membres appuient l’idée de Mme Marois. Dans une entrevue accordée à une journaliste du Soleil, Beauchemin justifie ainsi la nécessité d’un cours obligatoire d’histoire du Québec : « Interrogez les étudiants sur la Révolution tranquille ou l’industrialisation et ils n’auront aucune idée quoi répondre ». 

Il s’adonne que plusieurs chercheurs ont interrogé des cégépiens sur cette question. Leurs études montrent que Beauchemin, comme d’autres, exagère l’ignorance des jeunes à l’égard de l’histoire nationale.

Mario Beauchemin dit que les jeunes ignorent des périodes importantes de leur histoire nationale. Ce type d’affirmations est galvaudé depuis une centaine d’années par ceux qui veulent réformer l’enseignement de l’histoire. Pour valider son affirmation, Beauchemin propose d’interroger les jeunes sur la Révolution tranquille. Par chance, depuis 2004, des chercheurs ont effectivement sondé les jeunes Québécois à ce sujet.

Ces chercheurs passent en dessous du radar médiatique. Leurs études sont disponibles sous forme de mémoire de maîtrise ou d’articles scientifiques. Coup sur coup, leurs études illustrent que les jeunes ont une ignorance pleine plutôt que vide de la Révolution tranquille. La plupart des jeunes ne connaissent pas les moindres détails des années 1960 au Québec. Ils possèdent plutôt une vision d’ensemble de la Révolution tranquille. Loin d’être anodine, cette représentation du passé influence leur regard sur la société actuelle. Entre 2004 et 2012, pas moins de cinq études, menées par des chercheurs distincts arrivent à ces mêmes conclusions.  En voici trois exemples.

En 2004, Francine Audet, une étudiante de l’Université Laval, interroge 277 cégépiens à l’aide de l’invitation suivante : « Raconte-moi l’histoire du Québec. » Elle récolte des réponses dans cinq régions du Québec. Près de 40% des membres de son échantillon font allusion de près ou de loin à la Révolution tranquille. Les réponses des jeunes sont loin d’être vides de sens : « L’avènement de la Révolution tranquille est véritablement le point de départ du peuple québécois »;  « Le Québec fut une nation de pauvres illettrés dominés par les Anglais jusqu’à son réveil en 1960 ».

Aussi en 2004, Marie-Laure Julien, une étudiante de l’Université du Québec à Montréal, demande à 166 cégépiens d’expliquer à un parent ou un ami « l’histoire du Québec en général ». Les cégépiens sont localisés dans quatre régions du Québec. Selon Julien, la Révolution tranquille est une des périodes historiques les mieux mémorisées par les répondants. Voici deux exemples de réponses : « Une histoire pourrie jusqu’à la Révolution tranquille de 1960 sous Jean Lesage» et « La Révolution tranquille fut un tournant déterminant dans l’histoire au Québec parce qu’elle nous a donné le Québec tel qu’on le connaît». Encore là, des réponses riches de sens.

La Révolution tranquille est structurante dans la mémoire des Québécois, notamment chez les utilisateurs de Twitter, qu’on sait pour la plupart être des jeunes. Lors de la dernière campagne électorale provinciale, Alexandre Turgeon de l’Université Laval a recensé sur Twitter toutes les occurrences du terme Révolution tranquille. Jeunes et moins jeunes, ils sont nombreux à faire mention de l’« équipe du tonnerre » des péquistes, de la nécessité d’une nouvelle Révolution tranquille, l’opposée d’une « Grande noirceur ». Ces élections se sont déroulées sur fond de conflit étudiant. D’ailleurs, pendant ce conflit, plusieurs jeunes ont invoqué les acquis de la Révolution tranquille dans le port du carré rouge.

Le gouvernement péquiste et Mario Beauchemin veulent pour le  cégep un cours obligatoire d’histoire nationale du Québec contemporain . Ignorent-ils ce que les jeunes cégépiens savent en la matière? Aussi imparfait soit-il, ce savoir historique mérite d’être considéré à sa juste valeur dans la réforme proposée.

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Lettre ouverte signée Raphaël Gani

Les ministres Marie Malavoy et Pierre Duchesne ont annoncé que l’enseignement de l’histoire du Québec sera revu de fond en comble en 2013-14. Ils justifient cette réforme notamment par l’ignorance des jeunes envers les moments fondateurs du Québec. Or, coup sur coup, quand des chercheurs demandent à de jeunes Québécois de raconter l’histoire du Québec, la majorité des réponses obtenues sont éclairées par le phare de la Conquête. La guerre de la Conquête est l’évènement le mieux mémorisé, et celui qui est le plus chargé émotivement (négatif). Pour paraphraser l’historien Guy Frégault, c’est lors de la Conquête que le peuple canadien fût brisé : cette interprétation est dominante aujourd’hui. Les jeunes et les moins jeunes jugent la Conquête comme la cassure dans le parcours de la collectivité québécoise. Une dizaine de chercheurs arrive à ce constat. Il est étayé depuis 2002 au sein d’une thèse de doctorat, trois mémoires de maîtrise, un livre et deux articles savants. Non encore publiées, des données récoltées au Musée de la civilisation et au Moulin à paroles corroborent aussi ce constat. Ces travaux réfutent un argument fondamental qui justifie la réforme de l’enseignement de l’histoire du Québec.

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Young Quebecers’ Historical Consciousness