Tag Archives: historiographie

« Robert LaPalme n’est pas mort. Quand la caricature permet de renforcer le mythistoire de la Grande Noirceur (1984-2009) », Québec Studies, Special Issue (Fall 2013). À paraître.

 

Parution prochaine d’un article signé Alexandre Turgeon.

Dans cet article, nous montrerons comment les caricatures de Robert LaPalme sont utilisées comme source historique au sein de trois supports – le manuel d’histoire, l’événement commémoratif et la synthèse historique – pour entretenir, voire renforcer, le mythistoire de la Grande Noirceur, alors qu’au même moment, l’historiographie sur le Québec de l’après-guerre ne cesse de se renouveler, que de plus en plus de voix s’élèvent pour dépasser le concept, séducteur mais réducteur, de la Grande Noirceur. En nous penchant sur ces supports qui ont la particularité d’agencer et d’organiser les caricatures de LaPalme dans un but réfléchi, nous verrons comment l’œuvre du caricaturiste est actualisée, c’est-à-dire comment ses caricatures y sont utilisées ou interprétées et comment il est possible pour la caricature d’agir ainsi sur un mythistoire aussi puissant que celui de la Grande Noirceur.

Robert LaPalme (1908-1997)

Robert LaPalme (1908-1997)

Enquête sur la configuration narrative de deux figures de l’imaginaire franco-québécois

La thèse de Florence Tilch est maintenant disponible : « Récits de déserteurs et de volontaires : enquête sur la configuration narrative de deux figures de l’imaginaire franco-québécois« . En voici le résumé.

Les déserteurs et les volontaires sont des acteurs de l’histoire québécoise qui ne sont pas toujours évidents à étudier. Tant de mythistoires entourent ces deux personnages qui symbolisent avant tout deux attitudes et comportements antagonistes lors de conflits militaires ! Au Québec francophone, les déserteurs et les volontaires des guerres mondiales sont toutefois devenus des protagonistes qui représentent bien davantage qu’un endossement ou un refus du service aux armes. L’objectif de cette thèse est de comprendre les valeurs multiples et changeantes qu’incarnent ces deux figures au sein du grand récit collectif et des petits récits qui marquent l’imaginaire de la communauté québécoise. En effet, depuis la Guerre des Boers en Afrique du Sud, l’envoi de troupes à l’extérieur du Canada est une occasion pour la société d’évaluer ses allégeances et de discuter son parcours historique, ses origines et son destin. Ainsi, nous partons du constat selon lequel les représentations des déserteurs et des volontaires, qu’elles soient historiographiques ou fictionnelles, ne sont pas formulées dans le vide. Elles s’insèrent dans différentes strates narratives que nous devons dégager. Ce sont donc trois niveaux historiaux qui nous intéressent dans le cadre de cette thèse : la configuration narrative de l’expérience historique québécoise, la mise en scène des guerres mondiales au sein de ces récits collectifs et, enfin, les intrigues où figurent les déserteurs et les volontaires. Ces mondes narratifs ne sont bien sûr pas statiques et isolés, mais, au contraire, évoluent en permanence, se côtoient et se confondent dans des discours aussi différents que la fiction et l’historiographie. Nous avons choisi d’étudier des romans et des pièces de théâtre, car la fiction est le seul domaine où les représentations des volontaires et des déserteurs se côtoient et deviennent ainsi comparables. Une analyse de la configuration narrative nous disposera à établir un tableau de différents leitmotifs qui définissent les deux acteurs et à comprendre leur fonction dans la représentation des guerres mondiales. Nous pouvons alors saisir les évolutions complexes et subtiles du grand récit historique québécois et ainsi dégager une perspective nouvelle sur la négociation jamais achevée des références identitaires de la communauté.