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La mémoire historique des jeunes Québécois

Comment les jeunes Québécois envisagent-ils le passé du Québec? Quel impact cette vision a-t-elle sur l'avenir? Comment prendre cette mémoire ou conscience historique en compte dans l'enseignement de l'histoire à l'école? Voilà quelques questions qui seront abordées et débattues par Jocelyn Létourneau, de l'Université Laval, ainsi que par Harold Bérubé et Sabrina Moisan, de l'Université de Sherbrooke.

Comment les jeunes Québécois envisagent-ils le passé du Québec? Quel impact cette vision a-t-elle sur l’avenir? Comment prendre cette mémoire ou conscience historique en compte dans l’enseignement de l’histoire à l’école? Voilà quelques questions qui seront abordées et débattues par Jocelyn Létourneau, de l’Université Laval, ainsi que par Harold Bérubé et Sabrina Moisan, de l’Université de Sherbrooke.

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Young Quebecers’ Historical Consciousness

 

Quelques thèses et mémoires d’anciens de la Chaire

Marc Collin, “Autour de Chénier : Les Rébellions et la conscience historique canadienne et québécoise”, Thèse de doctorat, Université Laval, 2006.

Christophe Caritey, “L’apport du manuel scolaire et ses limites dans la formation de la mémoire historique. Application à l’étude de la Nouvelle-France de 1608 à 1663 dans le cadre du Québec de 1923 à 1989”, Thèse de doctorat, Université Laval, 1992.

Matthew Rankin, “A Wolfe in Montcalm’s Clothing An Investigation into the Figure of Betrayal within the Mythistories of Meech Lake, Québec français, 1987-1995”, M.A. thesis, Université Laval, 2004

Deux mémoires de maîtrise

Voici deux mémoires de maîtrise produit par d’anciens membres de la Chaire, sous la direction de Jocelyn Létourneau.

Francine Audet, “Mémoire et conscience historique chez les jeunes Québécois de niveau collégial”, mémoire de maîtrise, Université Laval, 2006.

Le contenu de ce mémoire propose une exploration de la conscience historique des jeunes Québécois de niveau collégial à partir des souvenirs qu’ils ont conservés de l’histoire du Québec. L’analyse de contenu d’un récit fait par les élèves, en provenance de plusieurs régions du Québec et d’origines ethniques variées, révèlent une conception plutôt traditionnelle du Nous les Québécois dans l’histoire. Des visions du temps passé qui s’inscrivent en continuité avec le patrimoine représentatif des générations précédentes de Québécois. Le terrain de la mémoire francophone nous oblige à considérer l’influence de la culture politique qui contribue elle aussi à camper, dans la conscience historique et politique des jeunes générations de Québécois, des représentations identitaires assez singulières du Nous dans l’histoire. Des représentations en lien avec nos horizons sur le plan politique et auxquels elles souscrivent partiellement en regard du désir d’affirmation nationale partagé par une partie importante de la collectivité québécoise.

Nicholas Toupin, “Stratégies et politiques nationalistes de René Lévesque (Québec) et de Lee Tenghui (Taïwan) : essai de politique comparée”, mémoire de maîtrise, Université Laval, 2008 [Codirection avec S. Li.].

En Occident comme en Orient, la question nationale est un enjeu pour plusieurs États dont le statut politique est soit mal défini soit insatisfaisant aux yeux d’une part de la population. Dans l’espoir de rectifier la situation, des hommes politiques réclament davantage de pouvoirs locaux et une plus grande représentation internationale. Tant au Québec qu’à Taiwan, ce type de politicien exerce une influence considérable sur l’orientation du nationalisme d’État, contribuant ainsi à transformer les rapports entretenus avec les gouvernements canadiens et chinois. Bien qu’étant éloignées physiquement et culturellement, ces deux sociétés sont tiraillées entre leur appartenance locale et régionale, ce qui a permis à des leaders indépendantistes d’accéder au pouvoir et d’appliquer leurs politiques nationalistes. En cherchant à accroître la souveraineté de leur État, René Lévesque et Lee Teng-hui appartiennent à cette catégorie de politiciens pour qui le statu quo ne peut être maintenu indéfiniment. À la fois idéologues, pragmatiques et réformateurs, ils ont orienté la politique locale dans une voie nouvelle.

En fait, leurs stratégies d’accession à l’indépendance empruntent trois canaux différents qui se complètent pour permettre à leurs politiques nationalistes de s’appliquer à l’échelle locale autant que régionale et internationale. Ces trois volets sont l’identité, la démocratie et la quête de pouvoirs souverains. À travers l’analyse de leurs actions et de leurs écrits, un parallèle peut être dressé entre René Lévesque et Lee Teng-hui qui indique que non seulement ces deux dirigeants œuvrèrent à l’atteinte d’une plus grande souveraineté pour le Québec et pour Taiwan, mais qu’ils employèrent sensiblement les mêmes moyens pour y parvenir.

Les Québécois et leurs passés (HST-3900A)

Voici la liste des lectures requises pour le cours intitulé Les Québécois et leurs passés (HST-3900A), donnée à la session d’hiver 2013 par Jocelyn Létourneau à l’Université Laval.

Ouvrages obligatoires. 

Jocelyn Létourneau, Le Québec entre son passé et ses passages, Montréal, Fides, 2010.

Évoluant dans le passage tumultueux qui relie son passé à son présent, le Québec cherche ses voies d’avenir. Il ne sait plus quoi faire de ce qui l’a fait et craint de se perdre dans l’ailleurs en s’ouvrant à l’autre.

Au pays des Tremblay et des Sioui, des Cohen et des Laferrière, la référence collective est redevenue chantier. L’histoire et la mémoire sont objets de débats soutenus. La mondialisation, le brassage des populations et la montée de la nouvelle génération, qui entend creuser ses propres sillons identitaires, ajoutent à la complexité de l’équation nationale, que l’on peine à écrire. À coup sûr, le Québec s’impose comme un sujet compliqué.

Et si on explorait d’autres avenues pour en revoir le passé, en saisir le présent et en pressentir l’avenir?

Par les idées exposées, les concepts avancés et les problématiques développées, il y a dans cet ouvrage matière à poser un autre regard sur le passé du Québec et à envisager différemment l’avenir de cette société.

 

Félix Bouvier, Michel Allard, Paul Aubin et Marie-Claude Larouche, L’Histoire nationale à l’école québécoise. Regards sur deux siècles d’enseignement, Sillery, Septentrion, 2012.

Si l’enseignement de l’histoire nationale fait souvent partie de l’actualité québécoise, assez curieusement enseignants et historiens se sont peu penchés sur l’histoire de l’enseignement de leur propre discipline.

Plusieurs spécialistes dessinent sous nos yeux une gigantesque fresque allant des origines à nos jours et détaillent l’enseignement de l’histoire au primaire, au secondaire et au collégial, tant dans les écoles francophones, anglophones qu’autochtones.

Le tout constitue la première tentative de description et d’analyse de ce qui s’est enseigné et de la manière dont on a procédé dans les écoles, s’attachant ainsi à dresser les contours scolaires de l’histoire nationale à l’échelle d’un territoire à géométrie variable selon les époques. Cet ouvrage met en lumière les courants pédagogiques qui ont animé les milieux de l’éducation dans ce secteur névralgique pour la mémoire et l’identité collective des Québécois.

Vous pouvez acheter la version PDF du livre ici. En voici un extrait.

 

Éric Bédard, L’Histoire du Québec pour les nuls, Paris, Éditions First, 2012.

Le Québec, c’est l’hiver, la neige, le froid. C’est le majestueux fleuve Saint-Laurent et ses nombreux affluents. Ce sont les immenses forêts, les nombreux lacs, les magnifiques paysages du Témiscamingue, de Charlevoix, de la Côte-Nord ou de la Gaspésie. C’est aussi Québec, la «Vieille capitale», et Montréal, première ville française d’Amérique.

Mais le Québec, c’est surtout un peuple vaillant, opiniâtre, déterminé. Il en a fallu du courage aux premiers habitants pour affronter les rigueurs de l’hiver, élever des familles nombreuses, explorer un immense continent, survivre aux attaques iroquoises, à l’hostilité des colonies américaines, aux affres de la Révolution industrielle et à la Crise des années 1930.

C’est l’histoire de cette grande aventure qui est retracée dans ce livre. L’histoire d’un peuple qui a surmonté les difficultés et les épreuves, vaincu le découragement et la résignation. L’histoire d’un rêve, celui d’une Amérique française, d’une grande épreuve, celle de la Conquête anglaise, et surtout, l’histoire d’une longue et patiente reconquête qui amènera les Québécois à reprendre possession de leur territoire, de leur économie et de leur vie politique.

Vous pouvez acheter la version PDF du livre ici.

 

Lectures pour chacune des séances

21 janvier. Introduction au cours : vous et le passé québécois.

Carter, Stephen L., « Text a little less, think a little more », Businessweek, 1 mars 2012 [en ligne].

 

28 janvier. De la Conscience historique des jeunes Québécois

Jocelyn Létourneau et Sabrina Moisan, « Mémoire et récit de l’aventure historique du Québec chez les jeunes Québécois d’héritage canadien-francais : coup de sonde, amorce d’analyse des résultats, questionnements », The Canadian Historical Review, 85, 2 (juin 2004), 325-356 p.

Jocelyn Létourneau et Christophe Caritey, « L’histoire du Québec racontée par les élèves du secondaire. L’impact apparent du cours d’histoire nationale dans la structuration d’une mémoire historique collective des jeunes Québécois », Revue d’histoire de l’Amérique française, 62, 1 (été 2008), p. 69-93.

 

4 février. Historique des programmes d’histoire au Québec

Félix Bouvier, Michel Allard, Paul Aubin et Marie-Claude Larouche, L’Histoire nationale à l’école québécoise. Regards sur deux siècles d’enseignement, Sillery, Septentrion, 2012, chap. 6-13.

 

11 février. Histoire et éducation à la citoyenneté : les humeurs et les faits

Ministère de l’Éducation, du Sport et du Loisir (MELS), Histoire et éducation à la citoyenneté [en ligne].

Ministère de l’Éducation, du Sport et du Loisir (MELS), Progression des apprentissages au secondaire, Histoire et éducation à la citoyenneté, 3e et 4e secondaire, 21 juin 2011 [en ligne].

Charles-Phillipe Courtois, « Le nouveau cours d’histoire du Québec au secondaire : L’école québécoise au service du multiculturalisme canadien ? », Montréal, Institut de recherche sur le Québec, 2009 [en ligne].

Michèle Dagenais et Christian Laville, « Le naufrage du programme d’histoire nationale : retour sur une occasion manquée accompagné de considérations sur l’éducation historique », Revue d’histoire de l’Amérique française, 60, 4 (2007), p. 517-550.

Jocelyn Létourneau, Le Québec entre son passé et ses passages, Montréal, Fides, 2010, chap. 3.

 

18 février. Quelle histoire pour le Québec d’aujourd’hui ?

Jocelyn Létourneau, « Quelle histoire d’avenir pour le Québec ? », Histoire de l’éducation, 126 (avril-juin 2010), p. 97-119.

Jocelyn Létourneau, Le Québec entre son passé et ses passages, Montréal, Fides, 2010, chap. 5 et 8.

Jocelyn Létourneau, « L’histoire comme passage », Cahiers de la Fondation Trudeau, 4, 1 (2012), p. 43-61 [en ligne].

 

4 mars. Traiter l’évènement : discussion autour du film Le Sort de l’Amérique

Jacques Godbout, Le Sort de l’Amérique, Montréal, Office national du film, 1996, 81 m. 28 s. [en ligne].

Jocelyn Létourneau, « Le sort du passé. Risques et défis de la narration historienne (notes sur Le Sort de l’Amérique, de Jacques Godbout, Passer à l’avenir. Histoire, mémoire et identité dans le Québec d’aujourd’hui », dans J. Létourneau, Passer à l’avenir. Histoire, mémoire et identité dans le Québec d’aujourd’hui, Montréal, Boréal, 2000, p. 109-114.

Jocelyn Létourneau, Le Québec entre son passé et ses passages, Montréal, Fides, chap. 4 et 9.

 

11 mars. Semaine de lecture

 

18 mars. L’histoire du Québec pour les nuls : qu’en penser ?

Éric Bédard, L’Histoire du Québec pour les nuls, Paris, Éditions First, 2012.

Sam Wineburg, « Undue Certainty. Where Howard Zinn’s A People’s History Falls Short », American Educator (hiver 2012-2013), p. 27-34 [en ligne].

 

25 mars. Le temps des Québécois et Le Moulin à images : des visions alternatives de l’histoire québécoise ?

Joseph-Yvon Thériault, « Mais qu’a bien pu vouloir nous dire Robert Lepage ? », Argument, 11, 2 (printemps-été 2009) [en ligne].

Yves Laberge, « La quête d’identité dans l’histoire régionale », Argument, 11, 2 (printemps-été 2009) [en ligne].

Phillipe Dubé, « Une histoire sans nom, sans date, ni évènement », Le Devoir, 1er octobre 2008 [en ligne].

Reginald Harvey, « Le 400e de Québec et l’histoire – Une fête célébrée à la sauce Canada », Le Devoir, 27 septembre 2008 [en ligne].

 

1er avril. Congé de Pâques 

 

5 avril. Date la plus tardive pour remettre le matériel produit aux fins de la confection de la leçon d’histoire

 

8-15-22-29 avril. Présentation de trois leçons d’histoire 

Questions de mémoire

Voici une note critique écrite par Jocelyn Létourneau à propos de l’ouvrage collectif dirigé par Éric-Martin Meunier et Joseph Yvon Thériault : Les impasses de la mémoire : Histoire, filiation, nation et religion.

L’ouvrage est riche et intéressant. Il est impossible de rendre justice à chacun des textes qui le composent. Mon commentaire portera sur quatre interrogations qui, sous-jacentes au volume ou débattues par l’un ou l’autre auteur, si ce n’est par plusieurs, m’interpellent particulièrement. Ces interrogations sont les suivantes : 1) Pourquoi la question de la mémoire est-elle au coeur de notre contemporanéité ? ; 2) Quel type de rapport peut-on, doit-on, entretenir avec le passé, la tradition, les prédécesseurs, les ancêtres ? ; 3) Comment raconter l’expérience historique québécoise ? ; 4) Quelle mémoire d’avenir (pour le Québec) ?

Létourneau, Jocelyn, “Questions de mémoire : compte-rendu de Les impasses de la mémoire : Histoire, filiation, nation et religion, sous la dir. de E.-Martin Meunier et J.-Yvon Thériault”, Recherches sociographiques, 49, 2 (2008), p. 326-343.

L’histoire du Québec racontée par les élèves du secondaire

Voici un article concernant les jeunes Québécois et leur récit de l’histoire du Québec.

Létourneau, Jocelyn & Christophe Caritey, « L’histoire du Québec racontée par les élèves du secondaire. L’impact apparent du cours d’histoire nationale dans la structuration d’une mémoire historique collective des jeunes Québécois »Revue d’histoire de l’Amérique française, 62, 1 (été 2008), p. 69-93.

Résumé

Les jeunes, que l’on dit amnésiques et déficitaires sur le plan de la culture historique, ne sont pas sans posséder une certaine vision de l’histoire du Québec. Quelle est cette vision ? Est-elle différente selon que l’on est francophone, anglophone ou allophone ? Évolue-t-elle après que les jeunes aient suivi le cours d’histoire nationale ? Quelle est l’importance effective de ce cours dans la structuration d’une mémoire historique collective chez les jeunes Québécois ? Voilà autant de questions abordées dans cet article, premier résultat d’un grande recherche en cours.

Abstract

Young people, who are accused of being woefully uninformed when it comes to historical culture, are not without a certain vision of Quebec history. What is that vision ? Does it vary according to whether someone is francophone, anglophone or allophone ? Does it evolve after a young person has taken the national history course ? What is the real importance of this course in structuring a collective historical memory among young Quebeckers ? Such are the questions discussed in this article, which is the first result of a larger, ongoing research project.

La mémoire québécoise pour les nuls

Voici une lettre d’opinion par Raphaël Gani et publiée depuis hier sur le site web du journal La Presse.

«Malheureusement, trop de Québécois semblent croire que leur passé se résume à une désespérante ‘Grande noirceur’, sans grand intérêt pour le présent et pour l’avenir. Grave erreur… » Ce diagnostic sévère provient de l’historien Éric Bédard, en introduction de sa récente synthèse L’Histoire du Québec pour les nuls.

Depuis plusieurs années, Éric Bédard, comme d’autres, répète sous différentes formes ce diagnostic. Or, de quels Québécois parle-t-on ici ? Quels sont les preuves et le barème pour déterminer que trop de Québécois ont une mémoire collective atteinte du syndrome de la Grande noirceur ?

Il n’y a pas de preuves concrètes qui valident ce diagnostic dans les travaux de M. Bédard, notamment dans son récent essai sur le rapport au passé des Québécois. Il manque à l’appel des citations de Québécois « ordinaires » résumant le passé comme une désespérante Grande noirceur, sans grand intérêt pour le présent et pour l’avenir. Paradoxalement, même si la mémoire collective québécoise semble malade, M. Bédard l’utilise comme base de son Histoire du Québec pour les nuls, qui est « une synthèse des faits marquants de l’histoire du Québec. Du moins, ceux retenus par la mémoire collective. »

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Two articles by Jocelyn Létourneau about the historical consciousness of young Quebecers

Here are two articles by Jocelyn Létourneau about the historical consciousness of young Quebecers.

It is usually thought that young people, for different reasons, know very little about history. Bodies like the Dominion Institute of Canada, for instance, have commissioned multiple polls over time to show that, when questioned about features of the past, young people, mostly students, would be unable to answer correctly more than two or three times out of ten. In Quebec as well, we find numerous studies showing the lack of empirical knowledge among young people about the history of the province or of the nation – whatever you choose to call it. Summing up this catastrophic state of affairs, one publication was even titled Trou de mémoire.

My feeling is that we must be careful about polls that try to measure the level of empirical knowledge possessed by students. In that game, even professional historians may lose their shirts, their skirts, or, worse, their reputation. Personally, I’ d be afraid to be tested in a poll. l’m sure I would perform badly! Does this mean l’m without a knowledge or even impressions of the past? Not at all. It is the same with young people. When, instead of testing them about specific details of the past, you ask such putative ‘green minds’ to account for the history of Quebec, you find that they know quite a lot of things. You also find that they can account for the history of Quebec in a pretty coherent manner. This account may be not as sophisticated as yours and mine. But still, we are far from a trou de mémoire, and far also from a confused or senseless account of the past.

Létourneau, Jocelyn, “Remembering Our Past. An Examination of Young Quebecer’s Historical Memory”, Ruth Sandwell, dir., To the Past : History Education, Public Memory, & Citizenship in Canada, Toronto, University of Toronto Press, 2006, p. 70-87.

When young, fifteen to twenty-five-year-old Quebeckers of French-Canadian heritage attending secondary school, college, or university are asked, without prior warning, to tell the history of Quebec since its beginnings, this is, broadly, what they all write:

– In the beginning, there were people who had come from France. They lived a fairly rudimentary, but peaceful, life, in a world they were building together in French. They suffered under the twin annoyances of a colonial regime and a mercantile system, but felt no need to rebel against the mother country. They traded with the indigenous people, and gradually became aware of the considerable economic potential of the patch of America they inhabited. They suffered few internal conflicts, continued to be dominated by French interests, but did not have to fight to preserve their rights or their tongue.

– Then came the Great Upheaval, touched off by the 1759 Conquest of New France by the British. Thus began the francophones’ history of unending struggle to emancipate and liberate themselves from continual attempts at assimilation, whether warlike or underhanded, inflicted on them by the anglophones. From the Quebec Act (1774) to the Quiet Revolution (1960), the dynamics of conflict frames all the milestones of Quebec history, with one side seeking to assert itself and the other ruling with a carrot or a stick.

– The 1960s brought the newly invigorated Quebeckers’ collective Great Awakening. They plunged steadfastly into modern life and put a healthy distance between themselves and their former perceived identity and ways of being, readily summed up under a triple caption: agriculturalism, messianism, and anti-democratism. They opened their doors to the world, shook off the English yoke, freed themselves from a federal government that had been a preferred instrument of control ever since the war, and set about taking back their collective destiny. Jean Lesage, and particularly René Lévesque, are seen as key players in this shift, facilitating collective action and redeeming the group’s shared history.

– For various reasons, particularly because the people of Quebec are divided over their future and because there are forces, particularly the federal government, that are frustrating its advent, this future burgeoned during the Quiet Revolution (the liberation of the people of Quebec and the sovereignty of Quebec) only to be stymied by the 1980 and 1995 referendums. Then came a period of uncertainty, the search for a gateway into the future, and maybe even a stab, albeit ambiguous, at redefining Quebeckers’ self-identity.

Létourneau, Jocelyn & Sabrina Moisan,“Young People’s Assimilation of a Collective Historical Memory. A Case Study of Quebeckers of French–Canadian Heritage”, Peter Seixas, dir., Theorizing Historical Consciousness, Toronto, University of Toronto Press, 2004, p. 109-128.

Félicitations à Sabrina Moisan pour l’obtention d’un poste de professeure adjointe au département de pédagogie de l’Université de Sherbrooke

Sabrina Moisan a complété en 2002 sa maîtrise en histoire au sein de la Chaire de recherche. Voici un résumé de son mémoire de maîtrise.

Mémoire historique de l’aventure québécoise chez les jeunes franco-québécois d’héritage canadien-français : coup de sonde et analyse des résultats

Le propos de ce travail concerne les rapports entre l’histoire et la mémoire historique collective chez les jeunes Franco-Québécois d’héritage canadien-français. Dans un premier temps, nous avons constaté à l’encontre de la rumeur publique que les jeunes possèdent effectivement une mémoire du passé du Québec, mais que celle-ci s’apparente davantage au récit identitaire des Canadiens français qu’à une histoire du Québec plurielle et multidimensionnelle intégrant les éléments de l’histoire «scientifique». Nous avons, dans un second temps, cherché à savoir comment s’était formée cette mémoire historique particulière. Nous nous sommes d’abord penchée sur le système d’enseignement de l’histoire au Québec. Plusieurs indices nous ont permis de constater que l’école était un diffuseur privilégié de la vision tragique et univoque du passé québécois. Par ailleurs, nous avons également remarqué que cette version victimaire de l’histoire du Québec se retrouvait largement dans l’espace idéologique québécois, que ce soit dans les médias, les activités à caractère historique ou dans la famille, et qu’il s’avérait donc assez malaisé de travailler à la modifier et à la complexifier.

De ce mémoire de maîtrise a été tiré un article scientifique, rédigé par Jocelyn Létourneau et Sabrina Moisan et publié dans la revue The Canadian Historical Review (2004):  http://www.canadiansandtheirpasts.ca/Publ_download/memoire_et_recit.pdf

Sabrina a récemment obtenu un poste de professeure adjointe au département de pédagogie de l’Université de Sherbrooke. Voici un lien vers sa page web à l’Université de Sherbrooke: http://www.usherbrooke.ca/pedagogie/notre-equipe/corps-professoral-en-pedagogie/moisan-sabrina/

Ses principaux thèmes de recherche sont l’enseignement de l’histoire et l’éducation à la citoyenneté, l’enseignement de l’Holocauste et des génocides, les représentations sociales et l’épistémologie.