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Construire la nation au petit écran / un livre d’Olivier Côté, un ancien de la Chaire.

Constuire la nation au petit écran

Constuire la nation au petit écran

À la suite du référendum de 1995 sur la souveraineté du Québec, les fédéralistes canadiens sont sous le choc. Sous l’impulsion du producteur Mark Starowicz, les sociétés CBC et Radio-Canada décident de produire un documentaire historique susceptible de construire une nation canadienne et de la doter d’une histoire commune. Il en résulte la série Le Canada, une histoire populaire, diffusée de 2000 à 2002.

Plus ambitieux projet historique jamais produit à la télévision canadienne, en raison autant de l’investissement que de l’étendue de sa couverture, le documentaire connaît un vif succès au Canada anglophone, mais est reçu plus froidement au Québec.

À travers une analyse fine de la production, de la diffusion et de la réception de cette série, qui se situe à la confluence de l’ancien «nation-building» canadien et du nouveau multiculturalisme, plusieurs questions se posent. Quel est le rôle des historiens et des journalistes dans cette série aux relents politiques? Quelles seront les répercussions de la politique culturelle canadienne sur la mise en récit du passé proposée? Les téléspectateurs d’un océan à l’autre du Canada croient-ils à ce qui leur est présenté ou y résistent-ils?

Politiciens, médias et cynisme politique des citoyens, d’Olivier Côté

Olivier Côté a obtenu son doctorat en histoire à l’Université Laval en 2011, après avoir fait ses études doctorales sous la supervision de Jocelyn Létourneau. Pour l’année 2011-2012, Olivier a été récipiendaire de la bourse de la Fondation Jean-Charles-Bonenfant, qui s’accompagne d’un stage d’un an à l’Assemblée nationale du Québec. À la conclusion de ce stage, Olivier a produit un rapport de recherche. Le 12 novembre dernier, ce rapport de recherche, intitulé Politiciens, médias et cynisme politique des citoyens, a fait l’objet d’un compte-rendu par Stéphane Baillargeon du journal Le Devoir. Nous reproduisons ici un extrait de ce compte-rendu.

Certains détails révèlent l’essentiel. Le 11 novembre 1962, il y a tout juste 50 ans, lors du premier débat des chefs télévisé de l’histoire canadienne, le spectateur a vu à cinq reprises Daniel Johnson père, de l’Union nationale, tenter de couper la parole à son homologue libéral Jean Lesage, même si son propre micro était fermé, comme le voulait alors la règle du jeu.

En 2003, pendant le débat d’une durée similaire, les adversaires Mario Dumont (ADQ), Jean Charest (PLQ) et Bernard Landry (PQ) se sont mutuellement interrompus à 175 reprises. Ce qui fait 35 fois plus. Ce qui fait aussi beaucoup pour résumer la dérive sauvage, agressive et non policée des débats politiques dans notre société hypermédiatisée.

Le drôle de compte a été fait et bien fait par le jeune historien Olivier Côté, docteur de l’Université Laval, spécialiste de la mise en récit de l’histoire à la télévision, pour une recherche publiée ce printemps dans le cadre d’un stage réalisé à l’Assemblée nationale grâce à la Fondation Jean-Charles Bonenfant. « Pour moi, l’agressivité croissante des échanges contribue à étendre l’attitude désabusée, surtout de la part des citoyens moins intéressés par la politique, explique M. Côté en entrevue téléphonique au Devoir. J’avais à produire un essai et j’ai donc voulu comprendre en quoi le discours politique et la couverture médiatique de ce discours génèrent du cynisme. »

Vaste sujet. L’étude intitulée Politiciens, médias et cynisme politique des citoyens s’appuie donc sur la comparaison du discours politique et des couvertures médiatiques des débats des chefs québécois de 1962 et 2003. Dans les deux cas, les échanges ont réellement compté en renversant des tendances de l’électorat. « Je suis parti d’un monde qui commence à intégrer la télé à un autre où le dispositif médiatique est beaucoup plus élaboré. Il faut comprendre qu’en 1962, la télé devient un média de masse. Ce média a changé le rapport à la politique. »

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Autres lectures

Côté, Olivier, Politiciens, médias et cynisme politique des citoyens. Analyse comparative du discours politique et des couvertures médiatiques des débats des chefs québécois de 1962 et de 2003, Rapport de recherche pour la Fondation Jean-Charles-Bonenfant, Assemblée nationale, 30 avril 2012, 61 p.

Côté, Olivier, Mise en récit du passe a la télévision canadienne : production, articulation télévisuelle et réception du docudrame de la CBC/Radio-Canada Canada : A People’s History/Le Canada, une histoire populaire (1995-2002), Thèse de doctorat, Département d’histoire, Université Laval, 2011, 544 p.

Par ailleurs, nous félicitons Olivier pour l’obtention récente d’un poste permanent de professionnel de recherche/conseiller en développement culturel au Ministère de la Culture et des Communications.