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À l’occasion de cette table ronde transdisciplinaire, Artefact vous invite ainsi à réfléchir sur les espaces et les usages de la commémoration, entre outil de mémoire et instrument politique

Table ronde «La commémoration: outil de mémoire ou instrument politique?» from Association Artefact on Vimeo.

Se déchirer sur la Révolution tranquille

Se_dechirer_sur_la_Revolution_tranquille_Les_nouveaux_visages_du_nationalisme_conservateur_au_Quebec_de_Jean-Marc_Piotte_et_Jean-Pierre_Couture_Quebec_Amerique_2012_Bulletin_dhistoire_politique

Dans le dernier numéro du Bulletin d’histoire politique, Alexandre Turgeon a publié une note critique à propos de l’ouvrage Les nouveaux visages du nationalisme conservateur au Québec, coécrit par Jean-Marc Piotte et Jean-Pierre Couture.

nouveaux visages conservateur nationalisme

Deux mémoires de maîtrise

Voici deux mémoires de maîtrise produit par d’anciens membres de la Chaire, sous la direction de Jocelyn Létourneau.

Francine Audet, “Mémoire et conscience historique chez les jeunes Québécois de niveau collégial”, mémoire de maîtrise, Université Laval, 2006.

Le contenu de ce mémoire propose une exploration de la conscience historique des jeunes Québécois de niveau collégial à partir des souvenirs qu’ils ont conservés de l’histoire du Québec. L’analyse de contenu d’un récit fait par les élèves, en provenance de plusieurs régions du Québec et d’origines ethniques variées, révèlent une conception plutôt traditionnelle du Nous les Québécois dans l’histoire. Des visions du temps passé qui s’inscrivent en continuité avec le patrimoine représentatif des générations précédentes de Québécois. Le terrain de la mémoire francophone nous oblige à considérer l’influence de la culture politique qui contribue elle aussi à camper, dans la conscience historique et politique des jeunes générations de Québécois, des représentations identitaires assez singulières du Nous dans l’histoire. Des représentations en lien avec nos horizons sur le plan politique et auxquels elles souscrivent partiellement en regard du désir d’affirmation nationale partagé par une partie importante de la collectivité québécoise.

Nicholas Toupin, “Stratégies et politiques nationalistes de René Lévesque (Québec) et de Lee Tenghui (Taïwan) : essai de politique comparée”, mémoire de maîtrise, Université Laval, 2008 [Codirection avec S. Li.].

En Occident comme en Orient, la question nationale est un enjeu pour plusieurs États dont le statut politique est soit mal défini soit insatisfaisant aux yeux d’une part de la population. Dans l’espoir de rectifier la situation, des hommes politiques réclament davantage de pouvoirs locaux et une plus grande représentation internationale. Tant au Québec qu’à Taiwan, ce type de politicien exerce une influence considérable sur l’orientation du nationalisme d’État, contribuant ainsi à transformer les rapports entretenus avec les gouvernements canadiens et chinois. Bien qu’étant éloignées physiquement et culturellement, ces deux sociétés sont tiraillées entre leur appartenance locale et régionale, ce qui a permis à des leaders indépendantistes d’accéder au pouvoir et d’appliquer leurs politiques nationalistes. En cherchant à accroître la souveraineté de leur État, René Lévesque et Lee Teng-hui appartiennent à cette catégorie de politiciens pour qui le statu quo ne peut être maintenu indéfiniment. À la fois idéologues, pragmatiques et réformateurs, ils ont orienté la politique locale dans une voie nouvelle.

En fait, leurs stratégies d’accession à l’indépendance empruntent trois canaux différents qui se complètent pour permettre à leurs politiques nationalistes de s’appliquer à l’échelle locale autant que régionale et internationale. Ces trois volets sont l’identité, la démocratie et la quête de pouvoirs souverains. À travers l’analyse de leurs actions et de leurs écrits, un parallèle peut être dressé entre René Lévesque et Lee Teng-hui qui indique que non seulement ces deux dirigeants œuvrèrent à l’atteinte d’une plus grande souveraineté pour le Québec et pour Taiwan, mais qu’ils employèrent sensiblement les mêmes moyens pour y parvenir.

René Lévesque et Pierre Trudeau n’ont pas réussi à convaincre les Québécois de se débarrasser de leur ambivalence

Voici l’extrait d’un article publié le 2 novembre 2006 dans le journal lefil, à la suite de la sortie du livre écrit par Jocelyn Létourneau intitulé Que veulent vraiment les Québécois ?

Toujours d’actualité ?

Jocelyn Létourneau insiste sur le fait que la société québécoise a été et est toujours traversée par des oppositions, des tensions, des conflits. De nos jours, entre les noyaux durs indépendantiste et fédéraliste se trouvent de très nombreux citoyens qui se situent dans la continuité de ce qu’a toujours été l’intention politique dominante. Cette approche consiste à tenter de faire avancer ses pions sur plusieurs fronts à la fois, sans jamais fermer aucune porte. «Beaucoup de gens, souligne le professeur, sont pour l’avancement discret à coups de réformes, le changement graduel. Même des politiciens de premier plan comme René Lévesque et Pierre Trudeau en leur temps n’ont pas réussi à convaincre les Québécois de se débarrasser de leur ambivalence.»

Pour l’auteur de Que veulent vraiment les Québécois?, l’interdépendance représente, pour les Québécois, une solution politique des plus attrayantes. Par ailleurs, il affirme que ce qui importe le plus en politique est que les citoyens puissent s’épanouir au diapason de leurs possibilités. Dans le cadre de leur projet politique construit comme un assemblage, les Québécois se distinguent par leur pragmatisme. Ils sont ouverts, adaptables, réalistes et inventifs.

 

Doit-on s’étonner des résultats des élections du 4 septembre au Québec ?

Les résultats des dernières élections au Québec sont intrigants.

Quelle humeur populaire faut-il y déceler ? Dans l’avènement du PQ au pouvoir, faut-il simplement voir le remplacement d’un gouvernement par un autre, cette fois orienté centre-gauche plutôt que centre-droit ? Y a-t-il dans l’air, pour parodier René Lévesque, l’ombre du début du commencement d’un trait nouveau qui pourrait un jour, qui sait, devenir quelque chose comme un grand dess(e)in ?

Dans le vote mi-figue mi raisin des Québécois, doit-on plutôt découvrir l’expression d’une culture politique enracinée loin dans le temps — celle de l’ambivalence ? On revient à cette même question, fatigante pour certains et passionnante pour d’autres, en tout cas résistante pour tous : Que veulent vraiment les Québécois ?

Ces questions ont été abordées lors d’une table ronde tenue le 27 septembre 2012. Celle-ci était composée de :

– Jocelyn Létourneau, professeur d’histoire et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire et économie politique du Québec contemporain, CÉLAT, Université Laval;

– Guy Laforest, professeur de science politique, Université Laval;

– Michel Pepin, analyste politique et correspondant parlementaire à Québec pour la radio de Radio-Canada;

– Paul-Émile Auger, secrétaire général de la Table de concertation étudiante du Québec TaCEQ;

et animée par :
– Pascale Guéricolas, journaliste pigiste pour différents médias dont Radio-Canada, L’Actualité et le Fil.

Politiciens, médias et cynisme politique des citoyens, d’Olivier Côté

Olivier Côté a obtenu son doctorat en histoire à l’Université Laval en 2011, après avoir fait ses études doctorales sous la supervision de Jocelyn Létourneau. Pour l’année 2011-2012, Olivier a été récipiendaire de la bourse de la Fondation Jean-Charles-Bonenfant, qui s’accompagne d’un stage d’un an à l’Assemblée nationale du Québec. À la conclusion de ce stage, Olivier a produit un rapport de recherche. Le 12 novembre dernier, ce rapport de recherche, intitulé Politiciens, médias et cynisme politique des citoyens, a fait l’objet d’un compte-rendu par Stéphane Baillargeon du journal Le Devoir. Nous reproduisons ici un extrait de ce compte-rendu.

Certains détails révèlent l’essentiel. Le 11 novembre 1962, il y a tout juste 50 ans, lors du premier débat des chefs télévisé de l’histoire canadienne, le spectateur a vu à cinq reprises Daniel Johnson père, de l’Union nationale, tenter de couper la parole à son homologue libéral Jean Lesage, même si son propre micro était fermé, comme le voulait alors la règle du jeu.

En 2003, pendant le débat d’une durée similaire, les adversaires Mario Dumont (ADQ), Jean Charest (PLQ) et Bernard Landry (PQ) se sont mutuellement interrompus à 175 reprises. Ce qui fait 35 fois plus. Ce qui fait aussi beaucoup pour résumer la dérive sauvage, agressive et non policée des débats politiques dans notre société hypermédiatisée.

Le drôle de compte a été fait et bien fait par le jeune historien Olivier Côté, docteur de l’Université Laval, spécialiste de la mise en récit de l’histoire à la télévision, pour une recherche publiée ce printemps dans le cadre d’un stage réalisé à l’Assemblée nationale grâce à la Fondation Jean-Charles Bonenfant. « Pour moi, l’agressivité croissante des échanges contribue à étendre l’attitude désabusée, surtout de la part des citoyens moins intéressés par la politique, explique M. Côté en entrevue téléphonique au Devoir. J’avais à produire un essai et j’ai donc voulu comprendre en quoi le discours politique et la couverture médiatique de ce discours génèrent du cynisme. »

Vaste sujet. L’étude intitulée Politiciens, médias et cynisme politique des citoyens s’appuie donc sur la comparaison du discours politique et des couvertures médiatiques des débats des chefs québécois de 1962 et 2003. Dans les deux cas, les échanges ont réellement compté en renversant des tendances de l’électorat. « Je suis parti d’un monde qui commence à intégrer la télé à un autre où le dispositif médiatique est beaucoup plus élaboré. Il faut comprendre qu’en 1962, la télé devient un média de masse. Ce média a changé le rapport à la politique. »

Pour lire la suite de l’article

Autres lectures

Côté, Olivier, Politiciens, médias et cynisme politique des citoyens. Analyse comparative du discours politique et des couvertures médiatiques des débats des chefs québécois de 1962 et de 2003, Rapport de recherche pour la Fondation Jean-Charles-Bonenfant, Assemblée nationale, 30 avril 2012, 61 p.

Côté, Olivier, Mise en récit du passe a la télévision canadienne : production, articulation télévisuelle et réception du docudrame de la CBC/Radio-Canada Canada : A People’s History/Le Canada, une histoire populaire (1995-2002), Thèse de doctorat, Département d’histoire, Université Laval, 2011, 544 p.

Par ailleurs, nous félicitons Olivier pour l’obtention récente d’un poste permanent de professionnel de recherche/conseiller en développement culturel au Ministère de la Culture et des Communications.

Doit-on s’étonner des résultats des élections du 4 septembre au Québec?

Table ronde composée de :
Jocelyn Létourneau, professeur d’histoire et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire politique du Québec contemporain, CÉLAT, Université Laval;
– Guy Laforest, professeur de science politique, Université Laval;
– Michel Pepin, analyste politique et correspondant parlementaire à Québec pour la radio de Radio-Canada;
– Paul-Émile Auger, secrétaire général de la Table de concertation étudiante du Québec TaCEQ;

et animée par :
– Pascale Guéricolas, journaliste pigiste pour différents médias dont Radio-Canada, L’Actualité et le Fil.

Les résultats des dernières élections au Québec sont intrigants. Quelle humeur populaire faut-il y déceler ? Dans l’avènement du PQ au pouvoir, faut-il simplement voir le remplacement d’un gouvernement par un autre, cette fois orienté centre-gauche plutôt que centre-droit ? Y a-t-il dans l’air, pour parodier René Lévesque, l’ombre du début du commencement d’un trait nouveau qui pourrait un jour, qui sait, devenir quelque chose comme un grand dess(e)in ? Dans le vote mi-figue mi raisin des Québécois, doit-on plutôt découvrir l’expression d’une culture politique enracinée loin dans le temps – celle de l’ambivalence ?
On revient à cette même question, fatigante pour certains et passionnante pour d’autres, en tout cas résistante pour tous : Que veulent vraiment les Québécois ?

Le confort et l’ambivalence

Au cours d’une entrevue récente à une journaliste du journal Le Fil, Jocelyn Létourneau donne son avis sur la situation québécoise actuelle.

Au-delà de l’idée d’indépendance, Jocelyn Létourneau croit que le Québec est actuellement en quête d’une plus grande affirmation. À cet égard, il ne pense pas que les débats futurs vont se cristalliser autour de la gauche ou de la droite, comme l’ont soulevé certains observateurs. «Conjoncturellement, le modèle de la gauche et de la droite, c’est en France ou encore en Amérique latine que ça fonctionne. Mais nous, nous sommes d’abord et avant tout des Nord-Américains», conclut l’historien.

 

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Publication de « Les Québécois sont-ils souverainistes? : Étude sur le comportement électoral des Québécois de 1970 à 1994 »

Mémoire de maîtrise de François Roy.

En 1970, les Québécois se retrouvent pour la première fois dans des élections où se présente un parti souverainiste. Durant les années 1970, l’option souverainiste accroît sa popularité dans l’électorat. Au même moment, le Parti libéral du Canada reste le favori des Québécois. Sur cette base, on peut dire que ces derniers ont une attitude assez ambiguë relativement à leur choix – si ce n’est à leur avenir – politique. En effet, ils appuient un parti fédéraliste réputé centralisateur sur la scène fédérale et un parti souverainiste prônant la sécession sur la scène provinciale ! Dans le présent travail, on observe le comportement électoral des Québécois durant la période 1970 et 1994. La question suivante, simplement énoncée mais on ne peut plus difficile à résoudre, est au centre de nos préoccupations : les Québécois sont-ils souverainistes ? Pour avancer dans notre compréhension des choses, nous avons analysé plusieurs campagnes électorales en fouillant les résultats de sondages et en nous appuyant sur une documentation composée principalement d’articles de journaux, mais aussi de monographies et d’études.

Lien vers le mémoire.