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Publication du mémoire de maîtrise de Raphaël Gani

Raphaël Gani, Comment résumeriez-vous l’histoire de votre pays? Enquête auprès de Canadiens, d’Américains, de Britanniques et de Français (2011), mémoire de maîtrise (histoire), Université Laval, 2014, 140 p.

Tirant profit d‘une enquête inédite et d‘un cadre comparatif original, nous entendons révéler la représentation de l’histoire nationale chez 5 425 résidents de pays occidentaux. Des Canadiens, des Américains, des Britanniques et des Français ont résumé l‘histoire de leur pays en quelques phrases. Sont d‘abord analysés les personnages, événements et idées structurantes employés, puis la manière dont ces éléments s‘intègrent au sein d‘une trame historiale. D’après la première analyse, les guerres sont les événements les plus mentionnés dans tous les pays de l‘enquête. De plus, la majorité des répondants utilisent l’une des trames historiales suivantes pour résumer l‘histoire : la trame de la contrainte, celles du déclin, de l’ambivalence, ou de la neutralité – et les plus populaires – celle du progrès et la trame des forces. Notre travail élabore une typologie novatrice pour décrire la manière dont les gens perçoivent l’histoire de leur pays.

D’autres publications.

De Charles de Gaulle à Nicolas Sarkozy : l’histoire conçue et interprétée par les présidents de la Ve République

Conférence le mercredi 30 octobre à l’Université Laval (DKN-5172).

Patrick Garcia, professeur d’histoire (Université de Cergy-Pontoise) from CELAT on Vimeo.

Lorsqu’on associe « Président » et « histoire », c’est le plus souvent pour mesurer ce qu’il y a eu d’ « historique » – c’est-à-dire d’important, de mémorable, de particulièrement lourd de conséquences – dans leur action. L’acception donnée à « histoire » pour cet exposé est différente. Elle articule deux dimensions : d’une part la façon dont les présidents de la Ve République ont conçu l’histoire – ce qui renvoie à leur culture personnelle, à leur formation et à leur sensibilité ; d’autre part la façon dont ils s’en sont fait les locuteurs, dont ils ont exprimé le rapport au temps dominant chez leurs concitoyens – i.e. l’articulation entre un passé, un présent et un futur – et parfois tenté de le remodeler. Dans cette perspective ils sont donc à la fois acteurs et agents, source de dynamiques et révélateurs d’un modèle temporel et il s’agit moins de répertorier des usages politiques de l’histoire (au travers, notamment, de la figure de l’instrumentalisation) que d’analyser comment le récit de l’Histoire – en tant que ce qui est advenu – est déjà contraint par un rapport à l’histoire et plus largement au temps.

Affiche-Garcia-finale

Feuille d’érable et couronne britannique

active history

Sur le blogue d’Active History, l’historien Jon Weier nous apprend que le gouvernement conservateur remplacera la feuille d’érable sur les uniformes des soldats canadiens par la couronne royale  : « The Maple Leaf is to be replaced on the shoulder boards and collar tabs of Canadian soldiers’ uniforms with the crown or pip that had been used to indicate rank in the Canadian Forces before unification in 1968. » Ce faisant, Weier cite une récente lettre ouverte de Jocelyn LétourneauVoici un extrait de l’article intitulé Canada and the new colonialism, où l’historien résume la lettre ouverte de Létourneau :

In this article, published under the title “Multiculturalism Died, and Harper replaced it with ‘Royalization’”, Létourneau suggests that multiculturalism has been largely unsuccessful in accomplishing one of its primary goals; undermining the power of Québecois nationalism and replacing it with a shared Canadian identity.  As such, Létourneau argues that the current government has seen the writing on the wall and has sought to bolster four distinct Canadian identities that together make up an idea of Canada.  This strategy has involved recognition of Québec’s distinctness, progress in transforming the relationship between First Nations and the federal government, the continuing need to maintain Canadian sovereignty and independence in the face of American hegemony, and, in the case of English Canada, the renewed emphasis on traditional markers of an English Canadian identity.  Létourneau concludes that this is all centred on a shared sense of Canada as an immigrant nation with common values.

Létourneau generally avoids judging the value of this new exercise, simply suggesting that this is the direction in which the current government is moving as it seeks to transform ideas of Canadian identity.  And he seems to be right, though he describes this new direction more eloquently and more explicitly than anyone in government has.

Active History est un blogue dédié aux interfaces entre l’histoire, les historiens, la place publique et les décideurs : http://activehistory.ca/

Létourneau à la radio