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Étudiant-chercheur étoile du FRQSC pour avril 2015 : Alexandre Turgeon

« Mon article revient sur l'émergence d'un mythe du Québec contemporain : le "Désormais…" de Paul Sauvé. Il n'y aurait pas de mots plus célèbres dans l'histoire du Québec. Le premier ministre Paul Sauvé l'aurait prononcé sans cesse à l'automne 1959, alors qu'il succédait à Maurice Duplessis, afin de tirer un trait définitif entre la Grande Noirceur duplessiste et la Révolution tranquille. Mon article remet en question ce fait. Grâce à des recherches menées dans les journaux et les débats parlementaires, je montre que Paul Sauvé n'a jamais prononcé le "Désormais…" Mes recherches révèlent le rôle joué par André Laurendeau du journal Le Devoir dans l'élaboration de ce mythe, alors que Paul Sauvé se fait pourtant l'avocat de la continuité dans ses discours. Le "Désormais…" a ensuite été repris par l'historiographie car il facilitait la narration de l'avènement d'une modernité soudaine et bienheureuse. Il permettait d'expliquer, par la médiation du récit, le passage de la Grande Noirceur duplessiste à la Révolution tranquille. »

« Mon article revient sur l’émergence d’un mythe du Québec contemporain : le « Désormais… » de Paul Sauvé. Il n’y aurait pas de mots plus célèbres dans l’histoire du Québec. Le premier ministre Paul Sauvé l’aurait prononcé sans cesse à l’automne 1959, alors qu’il succédait à Maurice Duplessis, afin de tirer un trait définitif entre la Grande Noirceur duplessiste et la Révolution tranquille. Mon article remet en question ce fait. Grâce à des recherches menées dans les journaux et les débats parlementaires, je montre que Paul Sauvé n’a jamais prononcé le « Désormais… » Mes recherches révèlent le rôle joué par André Laurendeau du journal Le Devoir dans l’élaboration de ce mythe, alors que Paul Sauvé se fait pourtant l’avocat de la continuité dans ses discours. Le « Désormais… » a ensuite été repris par l’historiographie car il facilitait la narration de l’avènement d’une modernité soudaine et bienheureuse. Il permettait d’expliquer, par la médiation du récit, le passage de la Grande Noirceur duplessiste à la Révolution tranquille. »

La Grande Noirceur et Révolution tranquille 2.0

« Comment travailler la mémoire sur Twitter. Quelques réflexions d’ordre méthodologique à partir de la Grande Noirceur et Révolution tranquille 2.0 », Études canadiennes/Canadian Studies, vol. 76 (juin 2014), p. 11-25.

Tout au long de la grève générale étudiante et de la campagne électorale québécoise de 2012, un phénomène fascinant s’est produit sur Twitter que j’appelle la Grande Noirceur et Révolution tranquille 2.0. Du 16 mai au 12 septembre 2012, j’ai relevé 6 000 tweets qui évoquent le souvenir de la Grande Noirceur et de la Révolution tranquille. J’ai constaté à quel point Twitter est un média privilégié pour étudier ces questions sensibles touchant à la mémoire collective, aux usages du passé et au rapport au passé. Limités à seulement 140 caractères, les utilisateurs doivent être synthétiques, d’où le recours à ces images signifiantes dans l’imaginaire collectif québécois. Revenant sur mon parcours, je chercherai à répondre à la question suivante : Comment travailler la mémoire sur Twitter?

Throughout the student general strike and the 2012 Quebec’s electoral campaign, a fascinating phenomenon occurred on Twitter that I call the Great Darkness and Quiet Revolution 2.0. From May 16 to September 12, 2012, I noticed 6,000 tweets that evoke the memory of both the Great Darkness and the Quiet Revolution. I was able to see how Twitter is a privileged media for studying these sensitive issues relating to collective memory, uses of the past and relations to the past. Limited to only 140 characters, users must be synthetic and, hence the use of these meaningful images in Quebec’s collective imaginary. Looking back over my own work, I seek to answer the following question: How can we work the memory on Twitter?

Note de lecture d’Alexandre Turgeon dans le nouveau B.H.P.

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« Se déchirer sur la Révolution tranquille : Les nouveaux visages du nationalisme conservateur au Québec, de Jean-Marc Piotte et Jean-Pierre Couture, Québec Amérique, 2012 », Bulletin d’histoire politique, vol. 21, no 3 (printemps 2013), p. 150-161.

Voir aussi :

Jean-Pierre Couture et Jean-Marc Piotte, Réplique aux « Notes de lecture » d’Alexandre Turgeon sur Les Nouveaux visages du nationalisme conservateur au Québec.

et

« Réponse d’Alexandre Turgeon à Jean-Marc Piotte et Jean-Pierre Couture », Bulletin d’histoire politique, vol. 22, no 2 (hiver 2014). À paraître.

12e édition des Entretiens Pierre-Bédard

La douzième édition des Entretiens Pierre-Bédard se tiendra lors du colloque annuel de la Société du patrimoine politique du Québec qui a pour titre «Les années 50, une époque glorieuse ?». Il aura lieu le 18 octobre 2013, à l’Hôtel du Parlement, Québec. À cette occasion, Alexandre Turgeon, doctorant du CÉLAT, y donnera une conférence sur « Le rôle des historiens dans la construction du mythe du « Désormais… » de Paul Sauvé ».

Source : Célia Forget.

Révolution tranquille? L’ignorance pleine de l’histoire du Québec contemporain

Texte inédit de Raphaël Gani.

Le gouvernement Marois veut rendre obligatoire au cégep un cours d’histoire nationale du Québec contemporain. Homme important dans ce dossier, Mario Beauchemin est le président la Fédération des enseignants de cégeps (CSQ), dont les membres appuient l’idée de Mme Marois. Dans une entrevue accordée à une journaliste du Soleil, Beauchemin justifie ainsi la nécessité d’un cours obligatoire d’histoire du Québec : « Interrogez les étudiants sur la Révolution tranquille ou l’industrialisation et ils n’auront aucune idée quoi répondre ». 

Il s’adonne que plusieurs chercheurs ont interrogé des cégépiens sur cette question. Leurs études montrent que Beauchemin, comme d’autres, exagère l’ignorance des jeunes à l’égard de l’histoire nationale.

Mario Beauchemin dit que les jeunes ignorent des périodes importantes de leur histoire nationale. Ce type d’affirmations est galvaudé depuis une centaine d’années par ceux qui veulent réformer l’enseignement de l’histoire. Pour valider son affirmation, Beauchemin propose d’interroger les jeunes sur la Révolution tranquille. Par chance, depuis 2004, des chercheurs ont effectivement sondé les jeunes Québécois à ce sujet.

Ces chercheurs passent en dessous du radar médiatique. Leurs études sont disponibles sous forme de mémoire de maîtrise ou d’articles scientifiques. Coup sur coup, leurs études illustrent que les jeunes ont une ignorance pleine plutôt que vide de la Révolution tranquille. La plupart des jeunes ne connaissent pas les moindres détails des années 1960 au Québec. Ils possèdent plutôt une vision d’ensemble de la Révolution tranquille. Loin d’être anodine, cette représentation du passé influence leur regard sur la société actuelle. Entre 2004 et 2012, pas moins de cinq études, menées par des chercheurs distincts arrivent à ces mêmes conclusions.  En voici trois exemples.

En 2004, Francine Audet, une étudiante de l’Université Laval, interroge 277 cégépiens à l’aide de l’invitation suivante : « Raconte-moi l’histoire du Québec. » Elle récolte des réponses dans cinq régions du Québec. Près de 40% des membres de son échantillon font allusion de près ou de loin à la Révolution tranquille. Les réponses des jeunes sont loin d’être vides de sens : « L’avènement de la Révolution tranquille est véritablement le point de départ du peuple québécois »;  « Le Québec fut une nation de pauvres illettrés dominés par les Anglais jusqu’à son réveil en 1960 ».

Aussi en 2004, Marie-Laure Julien, une étudiante de l’Université du Québec à Montréal, demande à 166 cégépiens d’expliquer à un parent ou un ami « l’histoire du Québec en général ». Les cégépiens sont localisés dans quatre régions du Québec. Selon Julien, la Révolution tranquille est une des périodes historiques les mieux mémorisées par les répondants. Voici deux exemples de réponses : « Une histoire pourrie jusqu’à la Révolution tranquille de 1960 sous Jean Lesage» et « La Révolution tranquille fut un tournant déterminant dans l’histoire au Québec parce qu’elle nous a donné le Québec tel qu’on le connaît». Encore là, des réponses riches de sens.

La Révolution tranquille est structurante dans la mémoire des Québécois, notamment chez les utilisateurs de Twitter, qu’on sait pour la plupart être des jeunes. Lors de la dernière campagne électorale provinciale, Alexandre Turgeon de l’Université Laval a recensé sur Twitter toutes les occurrences du terme Révolution tranquille. Jeunes et moins jeunes, ils sont nombreux à faire mention de l’« équipe du tonnerre » des péquistes, de la nécessité d’une nouvelle Révolution tranquille, l’opposée d’une « Grande noirceur ». Ces élections se sont déroulées sur fond de conflit étudiant. D’ailleurs, pendant ce conflit, plusieurs jeunes ont invoqué les acquis de la Révolution tranquille dans le port du carré rouge.

Le gouvernement péquiste et Mario Beauchemin veulent pour le  cégep un cours obligatoire d’histoire nationale du Québec contemporain . Ignorent-ils ce que les jeunes cégépiens savent en la matière? Aussi imparfait soit-il, ce savoir historique mérite d’être considéré à sa juste valeur dans la réforme proposée.

Suite d’une polémique

Alexandre Turgeon à Rennes

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Se déchirer sur la Révolution tranquille

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Dans le dernier numéro du Bulletin d’histoire politique, Alexandre Turgeon a publié une note critique à propos de l’ouvrage Les nouveaux visages du nationalisme conservateur au Québec, coécrit par Jean-Marc Piotte et Jean-Pierre Couture.

nouveaux visages conservateur nationalisme

What if Paul Sauvé had never said “Désormais…” (Henceforth)?

 

Le Québec, la révolution silencieuse

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