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CÉLAT et ACFAS

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Ce lundi, Jocelyn Létourneau présente une conférence intitulée « Se penser ensemble dans le Québec d’aujourd’hui ». Cette conférence s’inscrit dans le cadre du colloque annuel du CÉLAT, tenue du 6 au 10 mai, au sein du congrès de l’ACFAS à l’Université Laval. En voici un résumé.

L’expression lieu de passage renvoie au fait que les sociétés ne cessent d’évoluer par rapport à leur état d’être. Selon les moments, le cheminement sociétal est plus ou moins lent ou rapide, apaisé ou violent. L’état d’être d’une société coïncide avec un régime de vivre-ensemble (dont l’une des composantes est de se penser ensemble) qui contribue à la fonctionnalité de la société. L’idée de vivre-ensemble ne signifie pas la disparition des tensions, mais leur modulation dans des formes qui régulent la vie collective.

Parfois, l’évolution de la société provoque assez de mutations pour modifier la configuration de l’état d’être de la société et son régime de vivre-ensemble. L’instabilité apparaît. on tente de recréer la concorde en agissant notamment sur le plan symbolique, lequel renvoie au mode de se penser ensemble.

Le Québec connaît maintenant une situation mutationnelle. on ne parle pas de crise, mais de problèmes de conciliation entre identité et altérité, d’une part, et d’articulation entre référents collectifs établis et émergents, d’autre part. 

Partant de la situation présente du Québec, il s’agira de voir comment les passages qui le marquent – et qui sont susceptibles d’impacter sur le mode de vivre-ensemble et de se penser ensemble comme Québécois – induisent des réactions diverses de la part des groupes sociaux, certains étant soucieux de ramener le Québec vers un état d’être acquis, d’autres poussant la société vers l’actualisation de ses figures identitaires.

Aujourd’hui paraît dans le Devoir un article à propos de la thématique du colloque annuel du CÉLAT : Lieux de passage et vivre-ensemble.

Histoire et vivre-ensemble

Du 29 au 31 mai 2012, les membres du CÉLAT se réunissent à Beaupré, en banlieue de Québec. Cette rencontre a pour thème « Les terrains du vivre-ensemble : émergence d’un concept ». À cette occasion, Jocelyn Létourneau présente ses idées au sujet du lien entre l’histoire et le vivre-ensemble. Écrit par Frédérick Nadeau, voici un compte rendu de cette présentation : Histoire et vivre-ensemble.

Extrait : À travers cette communication, Létourneau nous fait part de quelques-unes des réflexions qui guident ses activités scientifiques autour des relations entre histoire et vivre-ensemble. S’inscrivant dans l’axe 2 du Célat –la mise en récit du vivre-ensemble –Létourneau observe principalement dans quelle mesure les façons que l’on a de se dire à nous-mêmes et aux autres, individuellement et collectivement, participent au vivre-ensemble et à la cohésion sociale. Pour ce faire, il s’appuie sur deux postulats de base. 1) Le décentrement inéluctable des sociétés : il existe actuellement, dans nos sociétés, une pression constante vers une individuation croissante; nous vivons ensemble, mais nous vivons seuls ensemble. 2) Il existe toujours une distance plus ou moins importante entre le « passé » et l’ « histoire », entre ce qui fut et le récit de ce qui fut. Dans cette perspective, l’histoire peut jouer un rôle utile afin que la tendance au décentrement n’évolue pas vers la désagrégation sociale. On touche ici à l’une des questions centrales que pose Létourneau et qui est celle du rôle de l’intellectuel dans la société contemporaine : il faut trouver l’équilibre, dit-il, entre la rigueur scientifique et la pertinence sociale; il faut jeter des ponts entre Von Ranke (« le rôle de l’historien est de rendre le passé tel qu’il fut ») et Rorty (« les sciences sociales doivent apporter des solutions aux problèmes de la société »). La question se pose donc ainsi : comment rendre compte fidèlement de l’expérience historique du Québec, mais en ayant toujours en tête un souci de cohésion sociale?